Abengourou, 21 avr 2026 (AIP) – Au total, 8 326 ménages vulnérables seront identifiés en 2026 dans la région de l’Indénié-Djuablin, dans le cadre du renforcement du dispositif national de protection sociale, a annoncé le coordonnateur régional du Registre social unifié (RSU), Okeu Nanon Charlemagne, mardi 21 avril, lors du lancement de la 2e édition des enquêtes du RSU dans la région.
Également directeur régional de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, il a présenté les objectifs et la stratégie de déploiement des opérations prévues cette année. Selon lui, 40 travailleurs sociaux enquêteurs seront mobilisés pour intervenir dans 22 villages ciblés, avec une possibilité d’extension à huit autres localités en cas de non-atteinte des objectifs.
Contrairement aux précédents programmes de filets sociaux où les villages étaient tirés au sort, la sélection dans le cadre du RSU repose désormais sur des critères objectifs, notamment la taille des localités, les besoins sociaux, le niveau de pauvreté des ménages ainsi que les conditions d’accessibilité, incluant l’état des routes et la couverture du réseau téléphonique.
Sur les 30 villages non encore enquêtés, 22 ont été retenus par le niveau central, avec des ajustements possibles en concertation avec le corps préfectoral et les autorités coutumières. « Nous allons enquêter pendant 27 jours. Il est essentiel de réunir toutes les conditions nécessaires pour atteindre nos objectifs, d’autant plus que l’année dernière, nous en étions proches sans toutefois les atteindre », a indiqué M. Okeu, comptant sur l’implication des chefs de village pour faciliter le travail des équipes.
Revenant sur le bilan de 2025, il a rappelé que l’objectif national était de 70 000 ménages, dont 12 800 dans l’Indénié-Djuablin. Au total, 44 travailleurs sociaux avaient été déployés dans 50 localités pendant 47 jours, permettant d’identifier 11 476 ménages, malgré des contraintes liées notamment aux intempéries, à l’accessibilité et à la disponibilité des populations.
Parmi ces ménages, 2 479 bénéficient actuellement du programme des filets sociaux, avec des allocations trimestrielles de 36 000 FCFA jusqu’en 2028, ainsi qu’un appui complémentaire de 75 000 FCFA en fin de cycle pour soutenir les activités génératrices de revenus. En outre, 50 ménages ont été accompagnés dans le cadre du projet pilote « Popote familiale ».
Détaillant la répartition, le point focal régional du RSU, N’Dri Stéphane Kouassi, a précisé que le département d’Abengourou compte 1 321 bénéficiaires (dont 862 en zone rurale et 459 en zone urbaine), contre 206 à Bettié et 952 à Agnibilékrou.
Intervenant au nom du préfet de région de l’Indénié-Djuablin, préfet du département d’Abengourou, Kouadio Kouassi Eugène, le préfet du département de Bettié, Tinan Marie-Chantale Touhou, a qualifié le RSU « d’outil stratégique essentiel » de la politique sociale de l’État. Elle a salué les résultats obtenus et appelé à une forte mobilisation pour atteindre les objectifs de 2026.
« Il s’agit d’un moment crucial qui requiert la pleine adhésion de tous », a-t-elle insisté, invitant autorités administratives, élus locaux, leaders communautaires et populations à s’impliquer activement, tout en exhortant ces dernières à fournir des informations fiables aux enquêteurs.
Créé par le décret n°2019-759 du 18 septembre 2019, le Registre social unifié est un système numérique national mis en place par l’État ivoirien pour identifier les ménages pauvres et vulnérables. Il constitue une base de données centralisée permettant d’orienter efficacement les programmes sociaux, notamment les filets sociaux, la Couverture maladie universelle (CMU) et le programme « Popote familiale », tout en facilitant le ciblage des bénéficiaires par les partenaires au développement.
(AIP)
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