Abidjan, 30 avr 2026 (AIP) – Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibrill Ouattara, a présenté les grandes orientations de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle, axée sur la souveraineté numérique, l’inclusion et le développement des compétences, lors d’un panel de haut niveau organisé à l’ouverture du Carrefour jeunesse du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA).
Répondant aux préoccupations sur la mise en œuvre de cette stratégie adoptée en 2025, le ministre a souligné que sa pertinence repose sur des actions concrètes et durables. « Il ne s’agit pas de faire des démonstrations, mais de bâtir une architecture solide capable d’impacter l’ensemble de l’économie », a-t-il affirmé.
Dans cette perspective, Djibrill Ouattara a mis en avant les investissements en cours dans les infrastructures numériques, notamment la construction d’un centre de données de grande capacité à Grand-Bassam, ainsi que des projets similaires à l’étude, en vue de garantir un stockage sécurisé des données et de renforcer la souveraineté numérique du pays.
Il a également insisté sur la nécessité de produire des contenus et des données locales afin de limiter les biais dans les systèmes d’intelligence artificielle. À titre d’illustration, il a évoqué le secteur du cacao, stratégique pour la Côte d’Ivoire, qui nécessite des solutions basées sur des réalités nationales.
Le ministre a, par ailleurs, évoqué les efforts visant à renforcer l’inclusion numérique, avec pour ambition de porter à 80 % le taux de pénétration des smartphones dans les deux prochaines années, contre environ 40 % actuellement, et d’assurer une couverture réseau à l’ensemble des localités de plus de 500 habitants.
Prenant part au panel, le ministre gabonais de l’Économie numérique, Paul Kassany, a présenté l’approche de son pays, axée sur la mise en place d’un écosystème national intégrant un comité technique sur l’intelligence artificielle, un centre d’innovation et des investissements dans les données. Il a souligné que ces initiatives visent à soutenir la diversification de l’économie, notamment dans les secteurs forestier, minier et pétrolier.
Le ministre ivoirien de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a estimé que l’intelligence artificielle constitue à la fois une menace pour certains emplois et une opportunité pour la création de nouveaux métiers. Il a rappelé l’objectif gouvernemental de création de quatre millions d’emplois d’ici 2030, avec une place importante accordée aux secteurs du numérique.
De son côté, l’expert en intelligence artificielle, Léonce Ano, a appelé à démocratiser l’accès aux outils d’intelligence artificielle, qu’il considère comme des leviers de productivité. Il a plaidé pour des formations adaptées à différents niveaux d’usage, afin de favoriser une appropriation rapide par les jeunes.
Les panélistes ont convenu que l’intelligence artificielle représente un levier stratégique pour le développement du continent africain, à condition d’investir dans les infrastructures, de renforcer les capacités humaines et de promouvoir une collaboration étroite entre les États, le secteur privé et les experts.
(AIP)
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