Abidjan, 03 mai 2026 (AIP) – La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) envisage de se doter d’un cadre juridique harmonisé destiné à renforcer la lutte contre les activités maritimes illicites dans la sous-région, à travers un projet d’acte additionnel examiné à Lomé, au Togo.
Ce projet était au centre d’une réunion d’experts des ministères de la Justice des États membres, les 28 et 29 avril 2026, en vue de définir un dispositif régional plus efficace face aux menaces persistantes en mer, notamment les vols à main armée, le trafic de stupéfiants et autres formes de criminalité maritime, malgré la baisse de la piraterie dans la région.
Selon la CEDEAO, l’objectif est de doter l’espace communautaire d’un mécanisme juridique commun permettant de renforcer la coopération judiciaire et opérationnelle entre les États membres, dans un contexte marqué par des contraintes de moyens et de ressources dans la lutte contre la criminalité transfrontalière.
Le ministre togolais de la Justice et des Droits de l’Homme, Pacôme Adjourouvi, a estimé que l’adoption de cet instrument constituerait « une étape décisive dans le processus d’intégration juridique régionale », en favorisant un espace fondé sur la confiance mutuelle et la solidarité entre États.
Le projet prévoit notamment des mécanismes d’entraide judiciaire, d’extradition des personnes poursuivies ou condamnées, d’échange d’informations et de preuves, ainsi que la coordination des poursuites entre juridictions nationales.
M. Adjourouvi a souligné que cette démarche s’inscrit dans une dynamique d’approfondissement de l’intégration régionale et de consolidation de l’État de droit, tout en appelant les États membres à renforcer leur coopération afin de mieux protéger les ressources maritimes et soutenir le développement économique de l’Afrique de l’Ouest.
Représentant la Commission de la CEDEAO, la représentante résidente au Togo, Mme Deweh Emily Gray, a exhorté les experts à examiner et enrichir le projet d’acte additionnel, en veillant à sa conformité avec les instruments juridiques régionaux et internationaux. Elle a salué l’engagement des États membres ainsi que le soutien de partenaires techniques et financiers, dont l’Union européenne et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), impliqué dans le projet « Safe Seas for Africa ».
De son côté, le représentant de l’ONUDC, Francis Izegaegbe Omiunu, a estimé que cette rencontre constitue une avancée majeure dans le partenariat avec la CEDEAO pour la recherche de solutions innovantes face à l’insécurité maritime. Il a exprimé l’espoir que l’adoption du texte permettra de renforcer durablement la coopération régionale.
Les travaux, qui ont pris fin le 29 avril, ont permis de finaliser le projet d’acte additionnel, en vue de sa transmission aux ministres de la Justice de la CEDEAO qui étaientattendus le 30 avril à Lomé pour adoption.
Créée en 1975, la CEDEAO regroupe 12 États membres et œuvre à l’intégration économique, à la coopération politique et à la promotion de la prospérité dans l’espace ouest-africain.
(AIP)
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