(Envoyée spéciale: Awa Diaby)
Casablanca, 4 mai 2026 (AIP)- Le directeur général de Marbio (Suisse), Marc Funk, a appelé lundi 4 mai 2026, à passer de la dépendance aux importations à une production locale structurée pour une réorientation stratégique des systèmes de santé africains.
Intervenant lors d’un panel sur « la souveraineté sanitaire comme impératif économique » au GITEX Future Health Africa à Casablanca, M. Funk a critiqué le modèle actuel, dans lequel de nombreux pays africains demeurent essentiellement consommateurs de produits médicaux importés, souvent acquis à travers des centrales d’achat et des mécanismes de dons internationaux.
« Ce modèle, bien qu’ayant permis de sauver des millions de vies, montre aujourd’hui ses limites, notamment avec la réduction progressive des financements des grands donateurs et la perspective de disparition de certains mécanismes d’aide internationale à l’horizon 2045 », a t-il affirmé.
Marc Funk a estimé que cette évolution représente une opportunité pour le continent de repenser son approche, en développant des capacités industrielles locales et en construisant un véritable marché africain du médicament. « La taille du marché est une condition essentielle pour attirer les investissements et garantir la viabilité d’une industrie pharmaceutique compétitive à l’échelle internationale », a-t-il soutenu.
Le directeur général a également souligné les défis liés à la coordination entre les pays africains, évoquant la complexité de bâtir un marché commun sur un continent de 54 États, tout en appelant à progresser de manière pragmatique. « Il est nécessaire d’harmoniser les cadres réglementaires avec les procédures multiples d’enregistrement des médicaments d’un pays à l’autre, qui freinent la circulation des produits et ralentissent le développement industriel », a-t-il indiqué.
S’appuyant sur l’exemple du Maroc, il a salué les avancées réalisées en matière de production vaccinale et de partenariats public-privé, soulignant que ces initiatives constituent un modèle reproductible à l’échelle africaine.
Il a aussi insisté sur le fait que ces partenariats doivent s’inscrire dans la durée, avec un investissement continu dans le transfert de compétences, la formation et l’innovation.
« Les États africains devraient accélérer la structuration de leur écosystème de santé, en renforçant la collaboration entre secteurs public et privé, afin de construire une industrie pharmaceutique durable, capable de répondre aux besoins du continent et de faire face aux futures crises sanitaires », a-t-il conclu.
Marbio, née en juillet 2021, incarne une initiative portée par une vision royale et un engagement inébranlable envers la santé en Afrique. Convaincus que la santé est un droit fondamental, l’entreprise a été créée avec l’ambition de renforcer la capacité biopharmaceutique africaine, visant à produire 60% des vaccins nécessaires pour le continent d’ici 2040, en accord avec les objectifs de l’Union Africaine.
Le GITEX Future Health Africa qui regroupent plus de 200 participants venus de divers horizons s’achève le 6 mai.
(AIP)
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