Abidjan, 05 mai 2026 (AIP) – Un rapport conjoint de Organisation des Nations Unies, de Union internationale des télécommunications (UIT) et de Sciences Po met en garde contre un risque de « pandémie numérique », caractérisé par des pannes majeures des infrastructures numériques susceptibles d’entraîner des perturbations en cascade à l’échelle mondiale.
Selon ce document publié mardi 5 mai 2026, les sociétés modernes, fortement dépendantes des systèmes numériques interconnectés, restent vulnérables à divers chocs, notamment les catastrophes naturelles, les défaillances d’infrastructures, les tempêtes solaires ou encore les phénomènes climatiques extrêmes.
Le rapport évoque plusieurs scénarios plausibles. Une tempête solaire d’envergure pourrait perturber les satellites et les réseaux électriques, interrompant les communications et les transactions financières. De même, une vague de chaleur pourrait affecter les centres de données, compromettant le fonctionnement des hôpitaux et des services d’urgence. Des dommages aux câbles sous-marins, qui assurent plus de 99% du trafic Internet mondial, pourraient également isoler certaines régions pendant plusieurs semaines.

Les experts soulignent que ces perturbations pourraient se propager rapidement d’un secteur à un autre. Jusqu’à 89 % des incidents numériques seraient liés à des effets en cascade plutôt qu’au choc initial, avec un impact pouvant toucher un nombre de personnes jusqu’à dix fois supérieur à celui directement exposé.
« Une telle panne est plus probable qu’on ne le pense », a averti la secrétaire générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin, lors d’un point de presse à Genève, évoquant les conséquences potentielles sur les systèmes de paiement, les services d’urgence ou encore l’accès à l’information.
Le rapport identifie quatre infrastructures critiques au cœur de ces risques : les réseaux électriques, les câbles sous-marins, les satellites et les centres de données. Leur interdépendance constitue le socle du fonctionnement des systèmes numériques mondiaux.
Aujourd’hui, environ 5,5 milliards de personnes, soit près de 70 % de la population mondiale, utilisent Internet pour des services essentiels tels que la santé, la finance ou les services publics.
Face à ces menaces, les auteurs du rapport estiment que les États ne sont pas suffisamment préparés à des pannes de grande ampleur. Ils recommandent notamment le renforcement des normes internationales, le maintien de solutions de secours analogiques, ainsi qu’une meilleure coordination entre les pays et les acteurs concernés.
Pour le chef du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, Kamal Kishore, « le risque d’une catastrophe numérique n’est pas une question de savoir si elle se produira, mais quand », appelant à une préparation accrue à l’échelle mondiale.
(AIP)
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