(Envoyée spéciale: Awa Diaby)
Casablanca, 05 mai 2026 (AIP)- La directrice du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST), Pr Jamila El Alami, a plaidé mardi 5 mai 2026 pour une gouvernance nationale sécurisée des données de santé comme solution clé pour tirer parti de l’intelligence artificielle (IA) dans la recherche médicale, à l’occasion de la première édition du GITEX Future Health à Casablanca, au Maroc.
S’exprimant lors d’un panel sur « La recherche médicale à l’ère de l’intelligence artificielle : données, modèles et confiance », Pr El Alami a insisté sur l’importance d’organiser l’accès aux données tout en garantissant leur protection. Selon elle, le développement de la médecine de précision repose avant tout sur un cadre de confiance solide.
« Il est essentiel de mettre en place une gouvernance nationale interopérable, permettant un accès contrôlé mais fluide aux données pour les chercheurs », a-t-elle déclaré, soulignant que cet équilibre est indispensable pour favoriser l’innovation sans compromettre la sécurité des informations sensibles, notamment les données génomiques.
Elle a relevé que l’IA constitue aujourd’hui un outil stratégique pour accélérer l’analyse des données médicales et améliorer la personnalisation des traitements. Toutefois, elle a averti que cette avancée doit s’accompagner de mécanismes rigoureux de régulation et de contrôle.
Le directeur général de la recherche et de l’innovation de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), Saber Boutayeb a quant à lui, indiqué que les technologies permettent une lecture plus rapide, structurée et transversale des informations issues de multiples référentiels, facilitant des comparaisons à grande échelle.
« L’IA intervient comme une couche d’accélération dans l’exploitation des données, notamment en matière de biométrie et de génomique, ce qui ouvre la voie à une médecine réellement personnalisée », a expliqué M. Boutayeb. Il est revenu, sur le fait que ces outils ne remplacent pas l’expertise médicale, notamment dans l’interprétation clinique, qui repose sur le métier et les référentiels scientifiques.
La sécurité des données de santé impose la protection des informations sensibles contre les cyberattaques et les fuites. Elle repose sur le chiffrement, la pseudonymisation, la gestion des accès et l’utilisation d’hébergeurs certifiés Hébergement de Données de Santé (HDS). Le respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD) est obligatoire, assurant confidentialité, intégrité et traçabilité des dossiers patients.
(AIP)
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