Madinani, 24 mai 2026 (AIP) – De nombreux fidèles musulmans de Madinani expriment leur inquiétude face à la forte hausse du prix des béliers, devenue un frein pour plusieurs familles souhaitant accomplir le sacrifice rituel, à quelques jours de la célébration de l’Aïd el-Kébir (Tabaski), prévue mercredi 27 mai 2026.
Dans les différents parcs à bétail de la commune, l’affluence reste timide en raison des coûts jugés excessifs par les acheteurs. Les moutons de taille moyenne se vendent entre 90 000 et 150 000 FCFA, tandis que les plus gros béliers atteignent parfois plus de 200 000 FCFA, selon le constat effectué dimanche.
Cette augmentation, nettement supérieure à celle observée l’année précédente, suscite incompréhension et frustration chez de nombreux chefs de famille.
« C’est du jamais vu à Madinani. Un mouton que l’on pouvait acquérir à 90 000 ou 100 000 FCFA l’an dernier est proposé aujourd’hui à 180 000 FCFA. À ce rythme, beaucoup d’entre nous ne pourront pas honorer ce pilier de notre religion cette année », a déploré un opérateur économique de la localité, Kamagaté Drissa.
Les commerçants de bétail expliquent cette situation par les difficultés d’approvisionnement enregistrées dans les circuits sous-régionaux, notamment les restrictions d’exportation dans certains pays sahéliens fournisseurs, auxquelles s’ajoutent la hausse des coûts du transport et de l’alimentation animale.
« Nous ne faisons pas de la surenchère pour le plaisir. Amener les bêtes jusqu’ici nous coûte plus cher cette année. Le marché n’est approvisionné qu’à moitié et nous subissons nous-mêmes la rareté », a indiqué Boukary Malick, vendeur de bétail à l’entrée de la ville.
Face à cette flambée des prix, plusieurs fidèles se tournent vers les marchés des villages environnants ou optent pour des ovins de plus petite taille, dans l’espoir d’une baisse des tarifs à la veille de la fête.
(AIP)
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