Abidjan, 09 juin 2026 (AIP) – L’atelier sous-régional sur le traitement et l’administration des demandes d’indemnisation pour dommages dus à la pollution par les hydrocarbures s’est ouvert officiellement, mardi 9 juin 2026 à Abidjan, en présence des délégations venues de neuf pays africains et de partenaires internationaux, avec un objectif clair, transformer la rigueur technique en souveraineté économique face aux risques maritimes.
Présidant la cérémonie au nom du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, le directeur de cabinet Parfait Kouadio a salué une « volonté politique ferme » de protéger l’environnement marin commun du golfe de Guinée, menacé par l’intensification des activités portuaires, pétrolières et du transport d’hydrocarbures.
« Face à la marée noire, la notion de frontière s’efface. Notre vulnérabilité est collective, notre interdépendance est totale », a-t-il martelé, appelant à une stratégie de défense « résolument unie, solidaire et technique ».
M. Kouadio a insisté sur les deux fronts d’une crise, notamment l’urgence opérationnelle (nettoyage, barrage flottant) et la gestion de l’après-crise, souvent plus lourde de conséquences sociales et économiques. « Une marée noire brise des vies, paralyse des pêcheries, détruit l’attractivité touristique et asphyxie les finances publiques », a-t-il prévenu, plaidant pour l’application rigoureuse du principe « pollueur-payeur ».
Il a exhorté les participants à produire des dossiers de réclamation « irréprochables » pour les assureurs et les experts du FIPOL, lors des trois jours de travaux et de la simulation prévue à San Pedro.
Le directeur général du Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), Pr Ossey Bernard Yapo, a pour sa part souligné que cet atelier vient combler un vide majeur dans les exercices nationaux, comme le plan POLLUMAR dont la 12e édition se tiendra du 11 au 13 juin dans la région de San Pedro.
« Lors des essais, les questions d’indemnisation restaient un pilier sans instrument d’orientation. Grâce à ce complément, nous pourrons mieux réciter notre partition », a-t-il déclaré, insistant sur la traçabilité, la documentation des préjudices et la maîtrise des procédures administratives.
La cheffe de projet GIWACAF (Global Initiative for West, Central and Southern Africa), Anaïs Guillou, a salué le choix de la Côte d’Ivoire, « pays moteur en Afrique de l’Ouest », pour abriter cet événement. Elle a rappelé que l’indemnisation est « un pilier fondamental » du système de gestion des risques, au même titre que la préparation opérationnelle.
« Disposer de cadres internationaux solides (conventions CLC, FIPOL) ne suffit pas. Le défi reste leur mise en œuvre concrète au niveau national, dans la coordination entre institutions », a-t-elle expliqué, avant de souhaiter des travaux « qui contribueront à améliorer la gestion des conséquences des pollutions marines dans la région ».
Neuf pays frères du golfe de Guinée et au-delà (Bénin, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée, Mauritanie, RDC, Sénégal, Togo) participent à cet atelier, organisé par le CIAPOL avec l’appui de l’Organisation maritime internationale (OMI), du projet GIWACAF et des clubs P&I.
La Côte d’Ivoire, sous l’impulsion du gouvernement et conformément à la vision du président de la République, entend faire de cette rencontre un modèle de coopération régionale. « Quand vous êtes seul, vous allez vite ; mais quand vous êtes plusieurs, vous allez très loin », a conclu Parfait Kouadio en déclarant les travaux ouverts.
(AIP)
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