Abidjan, 27 juin 2026 (AIP)- La deuxième édition du Marché africain des solutions spatiales (MASS) est prévue du 7 au 9 juillet 2026, au Parc des expositions d’Abidjan Port-Bouët, autour du thème: « L’espace au service du développement : accélérer la transformation socio-économique de l’Afrique ». M. Irié Bi est par ailleurs directeur d’OTIF Africa Space, une agence d’exécution affiliée à d’Agence spatiale africaine (AfSA), mise en place par l’Union africaine.
Le MASS se tient pour répondre à un besoin stratégique, à savoir, rapprocher les solutions spatiales, géospatiales, satellitaires, numériques, data et intelligence artificielle des besoins concrets de développement des pays africains. Le commissaire général de l’évènement, Fabrice Irié Bi, nous informe sur les retombées de l’édition passée et les innovations majeures de celle de 2026. Interview.
Pourquoi se tient le MASS ?
Pendant longtemps, le spatial a été perçu comme un domaine lointain, réservé aux agences spécialisées ou aux grands programmes scientifiques. Or, aujourd’hui, les solutions issues du spatial sont déjà présentes dans notre quotidien : agriculture, cadastre, aménagement du territoire, connectivité, gestion des risques, climat, sécurité, transport, banques, assurances, mines, villes intelligentes, environnement et gouvernance publique.

Le MASS a donc été créé pour être une plateforme de rencontre entre trois grands piliers, c’est à dire, pour les entreprises qui développent des solutions, les administrations et institutions qui ont des besoins, et les acteurs du financement capables d’accompagner le passage à l’échelle. L’objectif est clair, faire du spatial un outil opérationnel de transformation économique et sociale pour l’Afrique.
Le bilan de l’édition est encourageant avec des résultats ont confirmé que le MASS répond à une attente réelle des États, des collectivités, des entreprises, des chercheurs, des startups, des investisseurs et des partenaires techniques.
Pour 2026, nous voulons franchir un nouveau cap. Nous visons une édition plus ambitieuse, avec plus d’exposants, un renforcement des ateliers sectoriels, des rencontres B to B mieux structurées, des signatures de conventions, des side events (activités organisées en marge de grandes conférences ou sommets) spécialisés et un dîner-gala. Ce sera un moment de valorisation des partenaires, des délégations et des acteurs majeurs de l’écosystème.
Les retombées attendues ne sont pas seulement événementielles. Nous voulons générer des partenariats, des projets pilotes, des contrats, des coopérations institutionnelles, des solutions concrètes pour les territoires africains et une meilleure compréhension du rôle stratégique du spatial dans le développement.
Pour les populations, les sciences spatiales sont vues comme abstraites, faites et/ou utilisées que par les scientifiques. Qu’en est-il exactement ?
Les sciences spatiales ne sont pas uniquement l’apanage des scientifiques. En réalité, elles touchent notre quotidien à travers des applications concrètes. Prenons pour exemple la prévision météorologique, les

systèmes GPS, les télécommunications, la télédétection pour l’agriculture et bien d’autres. L’enjeu est de vulgariser ces applications pour les rendre plus accessibles et compréhensibles par les populations.
Ce sont des préjugés qu’il faut déconstruire, car les sciences spatiales ne sont pas uniquement réservées aux scientifiques. En réalité, elles touchent plusieurs aspects de notre vie quotidienne. Il ne s’agit pas d’un domaine éloigné de nos réalités. Aujourd’hui, l’enjeu majeur est de renforcer cette prise de conscience et de nous approprier davantage ces solutions qui existent déjà pour accélérer le développement de nos États et de nos économies, car c’est le nouveau pilier du développement socioéconomique des pays.
Quels sont les chiffres et retombées de l’édition 2025 ?
Le premier bilan de l’édition 2025 qui s’est tenue du 06 au 08 mai 2025 au Parc d’Expositions d’Abidjan Port-Bouët, est un bilan de confirmation. Nous avons constaté qu’il existe en Afrique une forte attente autour des solutions spatiales et de leurs applications concrètes.

L’édition 2025 a réuni plus de 12 000 visiteurs, 60 exposants, 25 délégations officielles, plus de 100 experts, six meet-ups (rencontrer de nouvelles personnes, apprendre de nouvelles choses) pour trouver du soutient, plus de 20 médias internationaux. Ces chiffres montrent que le MASS a réussi à créer un espace panafricain de référence autour des usages du spatial pour le développement.
Le deuxième bilan est institutionnel. Le MASS a permis de faire dialoguer des administrations, des agences, des collectivités, des entreprises, des chercheurs, des startups, des partenaires techniques et des acteurs internationaux autour d’un même objectif : transformer les besoins africains en opportunités de solutions.
Le troisième bilan est économique. L’événement a permis aux entreprises de présenter leurs innovations, d’identifier des marchés, de rencontrer des décideurs et de nouer des contacts qualifiés. Plusieurs discussions de partenariat ont été engagées à la suite du MASS 2025.
Le quatrième bilan est pédagogique. Le MASS a contribué à vulgariser les applications du spatial auprès d’un public plus large. Beaucoup de participants ont découvert que le spatial n’est pas uniquement lié aux fusées ou aux satellites, mais aussi à des usages très pratiques : agriculture, cadastre, urbanisme, climat, connectivité, gestion des catastrophes, transport, sécurité et services publics.
Enfin, le MASS 2025 nous a donné une responsabilité : celle de structurer davantage l’événement, de renforcer son impact business, d’élargir la participation internationale et de transformer les échanges en projets concrets. C’est tout le sens de l’édition 2026.
Qu’est-ce que le thème de 2026 « L’espace au service du développement : accélérer la transformation socio-économique de l’Afrique » implique véritablement ?
Ce thème signifie que le spatial doit être compris comme un levier direct de développement. Mettre l’espace au service du développement, c’est utiliser les satellites, les données d’observation de la Terre, la
géolocalisation, les télécommunications, les drones, la cartographie numérique, l’intelligence artificielle et les plateformes de données pour résoudre des problèmes concrets.
Cela implique, par exemple, d’aider les agriculteurs à mieux suivre les cultures, d’accompagner les États dans la gestion du foncier, de soutenir les collectivités dans la planification urbaine, de renforcer la connectivité des zones rurales, d’anticiper les risques climatiques, d’améliorer la fiscalité locale, de surveiller les infrastructures critiques, d’appuyer la sécurité alimentaire et de produire des données fiables pour la décision publique.
Le thème 2026 traduit donc une conviction forte : l’Afrique n’a pas seulement besoin de parler du spatial ; elle doit l’utiliser comme un outil de souveraineté, de productivité, d’innovation et de compétitivité. A travers ce thème, nous voulons montrer que les solutions spatiales peuvent accélérer la transformation socio-économique du continent lorsqu’elles sont connectées aux besoins des administrations, des entreprises, des collectivités et des citoyens.
Quels sont les défis à relever à cette édition 2026 ?
Le premier défi de l’édition 2026 est le changement d’échelle. Après le succès de 2025, nous devons organiser une édition plus structurée, plus orientée business et plus tournée vers les résultats concrets.
Le deuxième défi est la mobilisation des décideurs publics et privés. Le MASS doit permettre aux entreprises de rencontrer les administrations, les collectivités, les institutions financières, les régulateurs, les grands comptes et les partenaires techniques qui ont de véritables besoins à résoudre.
Le troisième défi est celui du financement. Beaucoup de solutions existent, mais leur déploiement nécessite des modèles économiques, des partenariats public-privé, des mécanismes d’investissement et des financements adaptés. C’est pourquoi l’un des piliers de 2026 est consacré au financement.
Le quatrième défi est la transformation des échanges en projets. Nous ne voulons pas uniquement organiser un salon. Nous voulons créer des opportunités concrètes : signatures de conventions, projets pilotes, collaborations entre entreprises et administrations, intégration de solutions dans les politiques publiques et développement de marchés pour les entreprises africaines et internationales.
Le cinquième défi est la vulgarisation. Il faut continuer à expliquer que le spatial est utile, accessible et déjà présent dans les secteurs essentiels de l’économie. Le MASS 2026 devra parler aux experts, mais aussi aux décideurs, aux collectivités, aux entreprises non spatiales, aux étudiants et au grand public.
Enfin, le défi majeur est de positionner durablement Abidjan et la Côte d’Ivoire comme une plateforme africaine de référence pour les solutions spatiales appliquées au développement. C’est une ambition forte, mais réaliste, car l’Afrique a besoin de lieux où les besoins, les solutions et les financements se rencontrent efficacement.
Nous invitons donc tout le monde, jeunes, adultes, PME/PMI, gouvernants, grandes entreprises, communautés… à nous visiter du 7 au 9 juillet 2026, au Parc des expositions d’Abidjan Port-Bouët. Je le répète, les solutions issues du spatial sont déjà présentes dans notre quotidien.
(AIP)
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