Bouaké, 23 juil 2026 (AIP)- L’Église du Christ-Mission Harris, dite Église harriste, a organisé mercredi 22 juillet 2026 au Centre culturel Jacques Aka de Bouaké un panel de sensibilisation sur le thème, « Préserver la création divine : un engagement spirituel et citoyen pour un environnement durable », en vue d’amener les populations à adopter des comportements favorables à la protection de l’environnement.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la 26ᵉ édition de la Semaine spirituelle harriste de l’environnement (SSHE), ouverte dimanche 19 juillet 2026 au temple harriste de Daoukro par un culte solennel présidé par le révérend Kangou Yapo Jean, représentant la Présidence mondiale de l’Église harriste.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, le révérend prédicateur auxiliaire Don Jean Simon, a expliqué que cette semaine spirituelle a été instituée par la Présidence mondiale de l’Église du Christ-Mission Harris pour rappeler aux fidèles leur responsabilité dans la préservation de la création divine.
Il a indiqué que cette célébration trouve son fondement dans l’alliance conclue entre Dieu et Noé après le déluge, au cours de laquelle Dieu a renouvelé la création et confié à l’homme la responsabilité de préserver la terre. Selon lui, la date du 27 juillet est consacrée depuis plusieurs années à cette reconnaissance de l’alliance entre Dieu et l’humanité.
« La Semaine spirituelle harriste de l’environnement a été instituée par la Présidence mondiale de l’Église du Christ-Mission Harris. Cette célébration est une tradition de l’Église harriste en mémoire de la grâce que Dieu a accordée à Noé après le déluge. À travers Noé, Dieu a reconstitué la terre et l’environnement. L’homme devait désormais rétablir une alliance avec Dieu, respecter sa création et lui témoigner sa reconnaissance. C’est pourquoi nos prédécesseurs ont retenu la date du 27 juillet pour célébrer cette nouvelle alliance », a-t-il expliqué.
Le révérend Don Jean Simon a rappelé que cette célébration, autrefois limitée aux cultes, a été élargie afin d’intégrer des activités de sensibilisation ouvertes à l’ensemble de la population. « Au fil des années, nous avons voulu que cette célébration ne se limite plus uniquement aux cultes, mais qu’elle devienne une occasion d’éduquer les fidèles et de sensibiliser toute la population. L’environnement est la création de Dieu. Après avoir créé toutes choses, Dieu a créé l’homme et lui a confié la mission de cultiver, de protéger et de préserver cette création afin qu’elle lui permette de vivre durablement. Aujourd’hui, nous constatons une dégradation de l’environnement dont l’homme subit lui-même les conséquences », a-t-il déclaré.
Selon lui, la question environnementale constitue une préoccupation mondiale et l’Église, en tant qu’acteur de la société, entend prendre sa part dans les actions de sensibilisation. « L’Église est un maillon essentiel dans l’éducation des populations. Elle doit contribuer à la sensibilisation et à l’éducation des masses pour la préservation de l’environnement. Ce panel est destiné à rappeler à l’homme son devoir vis-à-vis de la création de Dieu. Il permet également à l’Église de s’ouvrir aux autres afin d’enrichir son enseignement grâce aux contributions des spécialistes. Cette activité met aussi en lumière la dimension sociale et intellectuelle de l’Église harriste », a-t-il ajouté.
Le président du comité d’organisation a précisé que ce panel se voulait un espace de partage, de réflexion et d’engagement afin que les connaissances diffusées inspirent des initiatives en faveur de la sauvegarde de la création divine.
À travers cette activité, la Présidence mondiale de l’Église harriste a souhaité créer un cadre de dialogue entre la foi et la science en réunissant des responsables des administrations techniques, des universitaires et des spécialistes des questions environnementales.

Le panel a réuni le directeur régional de l’Environnement et de la Transition écologique de Gbêkê, Kouamé Koffi Devy, le directeur régional de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Koné Mamadou, l’assistant du directeur régional des Eaux et Forêts, le lieutenant-colonel Koné Gogbeu Joachim, le Pr Akmel Meless Siméon, socio-anthropologue et spécialiste de la santé environnementale, ainsi que le révérend prédicateur auxiliaire Don Jean Simon Pierre, intervenant au nom du révérend prédicateur auxiliaire Ochou Arsène pour présenter la vision de l’Église.
Les différents intervenants ont présenté les fondements religieux, scientifiques et institutionnels de la protection de l’environnement. Ils ont rappelé que l’air, l’eau, le sol, la flore et la faune constituent les éléments indispensables à la vie et qu’ils doivent être préservés pour garantir le bien-être des générations présentes et futures.
Les panélistes ont souligné que, selon les enseignements bibliques, Dieu créa successivement le jour et la nuit, le ciel, les eaux, la terre, la végétation, les luminaires, les animaux, puis l’homme et la femme, auxquels il confia la mission de remplir la terre, de la cultiver et de la garder. Ils ont indiqué que cette responsabilité fait de l’être humain un intendant de la création et non son propriétaire.
S’appuyant sur les textes bibliques, notamment, le livre de la Genèse, les Proverbes (3, 19-20), les Psaumes (136, 5-9) et la première épître aux Corinthiens, les intervenants ont rappelé que la création est une manifestation de la puissance, de la sagesse et de l’amour de Dieu. À ce titre, sa protection constitue un devoir spirituel autant qu’une responsabilité morale.
Les experts ont déploré les actions humaines qui contribuent à la dégradation de l’environnement, notamment, la déforestation, les feux de brousse, l’orpaillage clandestin, la pollution et l’insalubrité. Ils ont relevé que le couvert forestier ivoirien est passé d’environ 16 millions d’hectares en 1960 à près de 2,9 millions d’hectares en 2026.
Ils ont également souligné les conséquences sanitaires de cette dégradation, citant notamment le paludisme, la diarrhée, la fièvre typhoïde et le choléra, favorisés par l’insalubrité et la mauvaise gestion des déchets.
Les panélistes ont insisté sur le fait que la protection de l’environnement ne relève pas uniquement de l’action des pouvoirs publics, mais qu’elle exige également l’engagement quotidien des citoyens. Ils ont recommandé d’éviter le gaspillage de l’eau, de réduire la consommation excessive d’énergie, d’assurer une meilleure gestion des déchets et de sensibiliser les enfants au respect de la nature.
Ils ont rappelé que les premières victimes de la dégradation de l’environnement sont les populations les plus vulnérables, estimant que la protection de la création contribue également à la justice sociale et au développement durable.
Au terme des échanges, les intervenants ont appelé les populations à adopter des comportements responsables afin de préserver les ressources naturelles et de transmettre un environnement sain aux générations futures.
Ils ont soutenu que protéger la création revient à honorer le Créateur et que préserver l’environnement, c’est préserver la vie, invitant chacun à devenir un gardien de la création par des gestes quotidiens en faveur d’un environnement durable.
(AIP)
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