Tiébissou, 03 sept 2026 (AIP) – Le député de Tiébissou, Yao Konan Albert, propose la mise en place rapide d’une mission de dialogue avec les populations d’Aman-Salékro, en vue de rechercher des solutions à l’essor de l’orpaillage illégal dans cette localité située de l’autre côté du fleuve Bandama.
Le parlementaire intervenait le 26 août 2026 lors d’une réunion de concertation sur l’orpaillage illégal, initiée par le préfet de Tiébissou, Gouassiro Ernest Mathieu, en prélude à l’atelier national consacré à la lutte contre ce phénomène.
« Pour ce qui est des propositions en matière de lutte contre l’orpaillage illégal, je voudrais que, pour le cas d’Aman-Salékro qui nous préoccupe, les autorités administratives, les élus et cadres, les autorités sécuritaires et traditionnelles et les chefs traditionnels diligentent une mission à Aman-Salékro pour aller rencontrer nos frères qui sont restés de l’autre côté du Bandama, les écouter et leur dire aussi que ce qui se passe là-bas nous préoccupe », a déclaré Yao Konan Albert.
Selon lui, les conséquences des activités d’orpaillage illégal menées sur l’autre rive du Bandama pourraient également toucher les populations riveraines du département de Tiébissou, notamment celles d’Assuikro, Molonou, Koffiagrokro et Do Sakassou, qui partagent le même lac.
« Nous partageons le même lac. Nous avons ici le président des chefs Nanafouè qui se trouve à cette réunion. Je propose qu’on mette très rapidement en place cette commission pour rencontrer la chefferie de là-bas afin de voir quelle solution on peut apporter à leur situation », a-t-il ajouté.
Issu du canton Nanafouè, l’un des deux cantons baoulé autochtones du département de Tiébissou avec le canton Ahitou, le député a ainsi plaidé pour une approche concertée associant les autorités locales et les communautés concernées.
Aman-Salékro est un village du canton Nanafouè, déplacé au début des années 1970 vers Takisalékro, à environ neuf kilomètres de Tiébissou, par l’Autorité pour l’aménagement de la vallée du Bandama (AVB), dans le cadre de la construction du barrage de Kossou.
Le site initial du village n’ayant finalement pas été submergé par les eaux du lac, plusieurs habitants déplacés y sont retournés. La localité a depuis accueilli d’autres populations et connaît aujourd’hui une expansion des activités d’orpaillage illégal, à l’instar de Huacré, Amanzi et Abrika, d’anciens villages également situés dans la zone.
Pour Yao Konan Albert, la rencontre avec les populations et les autorités traditionnelles d’Aman-Salékro constitue une étape nécessaire pour mieux comprendre les réalités locales et rechercher, de manière concertée, des réponses adaptées à la persistance de l’orpaillage illégal.
La réunion de concertation s’est tenue sur l’esplanade de la préfecture de Tiébissou, sous la présidence de la secrétaire générale de préfecture, Mel Marcelle, représentant le préfet Gouassiro Ernest Mathieu.
(AIP)
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