Man, 19 juil 2026 (AIP) – Le président du conseil d’administration de l’Interprofession aquacole, Maurice Sawadogo, a invité les producteurs piscicoles du Tonkpi à renforcer leur organisation afin de mieux tirer parti des programmes de développement annoncés pour la filière, lors d’une rencontre de travail tenue à Man.
Cette séance a réuni, mercredi 15 juillet 2026, des aquaculteurs, des commerçantes de poissons et des responsables de coopératives venus de plusieurs localités de la région, dans le cadre d’une tournée de l’Interprofession aquacole dans le district des Montagnes.
Selon Maurice Sawadogo, la structuration des acteurs constitue une condition essentielle pour accéder aux financements et aux appuis destinés au secteur. « Des financements sont disponibles, mais seuls des acteurs bien organisés pourront en bénéficier. À défaut, ces ressources profiteront à d’autres régions », a-t-il déclaré, exhortant les onze coopératives aquacoles recensées dans le Tonkpi à consolider leur organisation.
Dans cette dynamique, l’Interprofession prévoit de réaliser un recensement des exploitations aquacoles grâce à un système de géolocalisation des fermes et de collecte des données de production. Cette opération vise à disposer d’une cartographie fiable du potentiel aquacole régional afin de mieux orienter les actions de développement.
Le président du conseil d’administration a relevé que le Tonkpi dispose d’importants atouts pour le développement de la pisciculture, notamment l’abondance des ressources en eau et la présence de nombreux bas-fonds propices à l’élevage de poissons. Il a toutefois déploré l’absence d’écloserie dans la région, obligeant les producteurs à s’approvisionner en alevins dans d’autres localités.
« Nous allons travailler au renforcement des capacités des acteurs afin que, dans les cinq prochaines années, la région puisse produire une part significative du poisson qu’elle consomme », a-t-il indiqué.
Au-delà de la production, Maurice Sawadogo a encouragé les jeunes et les femmes à investir davantage les métiers de l’aquaculture, qu’il considère comme un levier de création d’emplois et de revenus.
La présidente nationale des transformatrices de produits halieutiques, N’zué Andréa Caroline, a, pour sa part, exhorté les femmes du Tonkpi à s’intéresser aux activités de commercialisation et de transformation du poisson. « Le commerce du poisson peut offrir une véritable autonomie financière aux femmes et contribuer à l’équilibre économique des ménages », a-t-elle soutenu.
Intervenant au nom des producteurs, l’aquacultrice Gba Bernadette s’est félicitée de cette rencontre, estimant qu’elle a permis aux acteurs de mieux appréhender les perspectives de développement de la filière. « C’est une activité rentable, mais qui exige beaucoup d’efforts », a-t-elle témoigné.
La rencontre a également été marquée par la présentation de Mahan Jean en qualité de président régional de l’Interprofession aquacole. Les échanges ont porté sur les principales contraintes de production ainsi que sur les actions à engager pour renforcer durablement la filière piscicole dans le Tonkpi.
(AIP)
Ebd/kp

