Agboville, 29 juin 2026 (AIP) – Les autorités sanitaires ivoiriennes ont intensifié, samedi 27 juin 2026 à Agboville, leur sensibilisation au dépistage précoce du pied-bot, une malformation congénitale du pied qui se caractérise par une déformation entraînant une orientation anormale du pied vers l’intérieur et vers le bas.
Placée sous le thème « Détecter tôt. Traiter tôt. Courir librement », la célébration officielle de la Journée nationale du pied-bot, organisée par le Programme national de santé de la mère et de l’enfant (PNSME), visait à informer les populations sur les signes de cette pathologie, à promouvoir sa prise en charge gratuite et à lutter contre la stigmatisation des enfants concernés.
Présidant la cérémonie à l’antenne de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) d’Agboville, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, a rappelé que cette malformation, bien que fréquente, peut être corrigée efficacement lorsqu’elle est détectée et traitée dès les premiers mois de vie.
« Cette journée nous rappelle que cette pathologie, bien que fréquente, peut être efficacement corrigée si elle est prise en charge précocement. Grâce à des méthodes éprouvées, telles que la technique de Ponseti, des millions d’enfants ont retrouvé une mobilité normale et une vie pleine de dignité », a-t-il déclaré.
Le ministre Dimba a indiqué que les actions conduites depuis 2024 dans le cadre du projet « Identification et prise en charge du pied-bot » ont permis la prise en charge gratuite de 1 400 enfants dans 21 régions sanitaires du pays. Selon lui, ces interventions contribuent à réduire les handicaps liés à cette malformation tout en améliorant le bien-être des enfants et de leurs familles.
Il a, par ailleurs, invité les parents à consulter rapidement les structures sanitaires dès l’apparition de signes de malformation chez un nouveau-né afin de favoriser un traitement efficace.
Au nom des partenaires techniques, le directeur exécutif de l’ONG Santé Espoir Vie Côte d’Ivoire (SEV-CI), Dr Allé Abé, a salué les progrès enregistrés, notamment l’intégration du dépistage du pied-bot dans le carnet de santé mère-enfant, estimant que cette avancée permettra d’améliorer l’identification précoce des cas.
Il a réaffirmé l’engagement de son organisation à poursuivre son appui au ministère de la Santé afin que tous les enfants concernés puissent bénéficier d’un traitement, indépendamment de leur lieu de résidence.
Selon les données présentées lors de la cérémonie, la Côte d’Ivoire enregistre chaque année plus de 1 200 nouveaux cas de pied-bot, soit une prévalence estimée entre un et trois enfants pour 1 000 naissances, avec une majorité des cas recensés en milieu rural. À l’échelle mondiale, environ 150 000 à 200 000 enfants naissent chaque année avec cette malformation qui peut provoquer des difficultés à la marche, un handicap moteur durable et une exclusion sociale, signale-t-on.
La cérémonie a également été marquée par la distinction de plusieurs agents de santé engagés dans la lutte contre cette pathologie ainsi que par la remise de kits alimentaires à des mères d’enfants guéris ou en cours de traitement.
(AIP)
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