Bouaflé, 29 juin 2026 (AIP) – Le professeur Gonnin Gilbert a invité les populations à mieux connaître et préserver les principes qui fondent l’organisation politique traditionnelle du peuple Dan, lors d’une conférence sur le thème « La gestion du pouvoir chez le peuple Dan », animée samedi 27 juin 2026 à la place HKB de Bouaflé, dans le cadre de la deuxième édition du Festival culturel Dan, organisée par la Mutuelle des ressortissants de Danané à Bouaflé (MUREDAB).
Le conférencier a rappelé que le pouvoir politique est indispensable à toute société, en ce qu’il organise la vie collective, assure la prise de décision et garantit le respect des règles. Selon lui, toute communauté a besoin d’une autorité pour préserver l’ordre et prévenir l’anarchie.
Abordant le cas du peuple Dan, Pr Gonnin a expliqué qu’il appartient aux sociétés dites « sans État », tout en rejetant toute idée d’absence d’organisation politique. « Une société sans Etat n’est pas une société sans pouvoir », a-t-il insisté, précisant que l’autorité y est répartie entre plusieurs centres de décision, notamment les villages et les tribus, sans pouvoir centralisé comparable à celui de l’État moderne.
Il a ensuite présenté les critères d’accès au pouvoir traditionnel, fondés notamment sur l’âge, la sagesse, l’expérience, la stabilité matrimoniale, l’appartenance au lignage fondateur du village ainsi que des qualités morales telles que l’honneur, la dignité et la générosité. Il a souligné qu’un chef ne peut être célibataire dans la tradition Dan, en raison de son devoir d’hospitalité envers les visiteurs, considérés comme des envoyés de Dieu.
Le professeur Gonnin a également mis en avant l’attachement du peuple Dan à la paix, illustré par les alliances à plaisanterie nouées avec d’autres communautés, véritables mécanismes traditionnels de cohésion sociale.
Évoquant les institutions coutumières, il a indiqué que le village constitue la cellule de base de l’organisation politique, administré par un conseil des chefs de lignage dirigé par un chef de village, avec l’appui du chef de terre ainsi que des représentants des jeunes et des femmes. Il a par ailleurs précisé que le canton est une institution héritée de l’administration coloniale et non de l’organisation ancestrale Dan.
En conclusion, Pr Gonnin Gilbert a présenté le pouvoir traditionnel Dan comme « un pouvoir réel, diffus, partagé et collégial », reposant sur la concertation et le service de la communauté. Il a estimé que les valeurs de sagesse, de moralité, d’éloquence, de générosité, de force spirituelle et de sens de l’honneur qui le caractérisent constituent un héritage à préserver et à transmettre aux générations futures.
(AIP)
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