Abidjan, 17 oct 2026 (AIP) – Les administrations ivoiriennes chargées de l’Action de l’État en mer, avec l’appui du Port autonome d’Abidjan (PAA) et de l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI), ont organisé un exercice interservices destiné à tester la réponse nationale face aux trafics illicites maritimes, notamment le transport de cocaïne par voie maritime.
Cet exercice, organisé du 12 au 16 octobre 2026, s’inscrit dans le cadre d’une synergie entre les projets « Sécurisation des corridors, des ports et des échanges en Afrique de l’Ouest et du Centre » (SCOPE Africa) et « Cooperation portuaire » (SEACOP), financés par l’Union européenne dans le cadre de sa stratégie Global Gateway.
L’exercice, qui a mobilisé plusieurs administrations, a été présenté vendredi 16 octobre à la direction générale du Port autonome d’Abidjan (PAA). Il reposait sur un scénario simulant la présence d’un navire suspecté de transporter de la cocaïne, afin d’évaluer, en conditions opérationnelles simulées, l’ensemble de la chaîne de réponse de l’État.
Le directeur général du PAA, Kassoum Traoré, a indiqué que le trafic de stupéfiants par voie maritime constitue une menace sérieuse pour la sécurité des États, la stabilité des sociétés et la fluidité des échanges commerciaux.
« Profitant de l’intensification du trafic maritime international, les réseaux criminels développent des méthodes de plus en plus complexes, qui exigent des services une vigilance accrue, une expertise renforcée et une capacité permanente d’adaptation », a-t-il ajouté.
Pour M. Traoré, cet enjeu revêt une importance particulière pour le Port autonome d’Abidjan, qui ambitionne de consolider sa position parmi les plateformes portuaires de référence en Afrique.
Il a souligné que les activités menées ont permis aux participants de renforcer leurs connaissances du cadre juridique et institutionnel de la lutte contre le trafic illicite maritime, de partager leurs expériences, d’approfondir leur maîtrise des procédures opérationnelles et de mieux connaître les normes en vigueur.
Le secrétaire permanent du Secrétariat permanent du Comité interministériel de l’Action de l’État en mer (SEPCIM-AEM), Abdoulaye Fofana, a, pour sa part, relevé que cette démarche a permis d’évaluer les modalités de circulation de l’information, la répartition des responsabilités et la coordination des actions entre les administrations mobilisées.
Selon lui, les enseignements tirés de cet exercice doivent être analysés et traduits en recommandations concrètes afin de renforcer la cohérence et l’efficacité du dispositif national de sécurité maritime. « La lutte contre les trafics maritimes exige une réponse coordonnée, de la mer au prétoire. Cet exercice permet de tester concrètement notre capacité à faire travailler ensemble les différentes administrations concernées », a-t-il déclaré.
L’ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, Irchad Razaaly, a souligné l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux.
« Les réseaux criminels exploitent des routes qui relient les continents. Notre réponse doit donc être fondée sur la coopération internationale, le partage du renseignement et le respect du droit. L’Union européenne est engagée aux côtés de la Côte d’Ivoire pour renforcer la sécurité de ses infrastructures portuaires et contribuer à un environnement favorable au développement et à la prospérité », a-t-il affirmé.
L’opération en mer a été précédée de trois jours de formation théorique et pratique ainsi que de mentorat. Au total, 66 participants issus de la Marine nationale, des douanes, de la police, de la gendarmerie, des affaires maritimes, de la justice, du Port autonome d’Abidjan et du ministère des Affaires étrangères ont pris part à l’exercice.
(AIP)
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