Abidjan, 17 oct 2026 (AIP) – Le président de l’Association ivoirienne des professeurs de philosophie (AIPP), Pr Dion Yodé Simplice, a mis en lumière les fondements de la pensée politique à travers une lecture philosophique de « L’Odyssée » d’Homère, lors de la rentrée solennelle du département de Philosophie de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) d’Abidjan.
Dans sa leçon inaugurale prononcée mercredi 14 octobre 2026 autour du thème « Mètis et Nostos : une lecture philosophico-politique de l’Odyssée d’Homère », l’enseignant-chercheur a invité son auditoire à dépasser la dimension épique de cette œuvre pour en explorer les enseignements sur la décision, l’adaptation et l’attachement aux origines.
Son analyse s’est articulée autour de deux notions issues de la pensée grecque antique : la Mètis, qui désigne une intelligence rusée, stratégique et adaptable, et le Nostos, qui renvoie au retour au pays natal et à la reconquête de ses repères.
« L’Odyssée n’est pas qu’une suite d’aventures ; c’est une leçon sur le passage de la force (Achille) à l’intelligence adaptative (Ulysse). À travers les concepts de la Mètis et du Nostos, le poème d’Homère définit l’art de naviguer dans l’incertitude tout en restant fidèle à ses racines », a expliqué Pr Dion Yodé.
Selon le philosophe, le parcours d’Ulysse illustre une intelligence pratique fondée sur la capacité à décrypter les situations, à anticiper les dangers et à adapter ses décisions aux circonstances. Cette aptitude, a-t-il souligné, repose moins sur la force physique que sur la prudence, la finesse du jugement et l’inventivité.
« La Mètis désigne précisément cette aptitude à mobiliser les ressources de l’intelligence face à l’imprévisible. Elle suppose de savoir observer, interpréter, anticiper et agir au moment opportun », a-t-il précisé.
Vice-président de l’UFHB chargé de la planification, de la programmation et des relations extérieures, Pr Dion Yodé a également souligné l’intérêt de cette réflexion pour la compréhension des mécanismes de décision dans des environnements complexes et instables.
Cette approche invite, selon lui, à faire dialoguer les traditions intellectuelles universelles avec les expériences propres aux sociétés africaines, afin d’enrichir la production du savoir philosophique et de contribuer aux débats contemporains.
(AIP)
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