Abidjan, 31 août 2026 (AIP) –Le chercheur et gestionnaire du patrimoine culturel du Sénégal, Mandiaye Fall a déclaré lors d’une interview, que le fonio et le sorgho, deux céréales traditionnelles à forte valeur nutritionnelle et patrimoniale, sont de plus en plus marginalisés au Sénégal face à la domination du riz importé et des produits à base de blé, a rapporté lundi 31 août 2026 l’Agence de presse sénégalaise (APS)
« Face à l’hégémonie du riz importé et du pain de blé venant de l’extérieur, ce sont le fonio et le sorgho qui payent le tribut le plus lourd », at-il déclaré dans un entretien avec l’APS.
Selon lui, le fonio est désormais essentiellement consommé dans certaines zones de l’est du Sénégal, tandis que le sorgho risque de disparaître progressivement des tables. Le mil, en revanche, conserve une place importante grâce à son profond ancrage culturel et culinaire.
Mandiaye Fall a attribué cette situation au déficit d’investissement dans la recherche, la transformation et la commercialisation des céréales locales, tout en préconisant notamment le développement de produits précuits, standardisés et faciles à préparer.
Le chercheur estime par que la préservation du patrimoine gastronomique ailleurs, dont le ceebu jën (le Tchep), passe par le maintien des savoir-faire et des mécanismes traditionnels de transmission.
Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2021, le ceebu jën constitue, selon lui, un levier important de promotion du tourisme culturel et de valorisation de l’identité sénégalaise.
Mandiaye Fall a appelé à une vision globale associée aux politiques agricoles, culturelles et économiques afin de renforcer la place des productions locales dans les habitudes alimentaires sénégalaises.
(AIP)
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