Abidjan, 1er nov 2025 (AIP) – La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été proclamée réélue avec 97,66% des voix, selon les résultats définitifs annoncés le samedi 1er novembre 2025 à la télévision d’État, après trois jours de violences électorales meurtrières dans le pays.
D’après la Commission électorale nationale, la cheffe de l’État sortante a obtenu 31,9 millions de suffrages sur 32,7 millions exprimés, consolidant ainsi la domination du Chama Cha Mapinduzi (CCM), le parti au pouvoir.
« Je déclare Samia Suluhu Hassan présidente élue de la République-Unie de Tanzanie », a déclaré le président de la Commission, Jacobs Mwambegele, lors de la proclamation des résultats diffusée sur la chaîne publique.
Une cérémonie d’investiture devrait se tenir dans la journée, selon les médias d’État, alors que le pays reste partiellement coupé d’internet depuis le scrutin du 29 octobre.
L’élection s’est déroulée sans véritable opposition, les deux principaux adversaires de Mme Hassan ayant été emprisonnés ou disqualifiés avant le vote. Le parti d’opposition ACT-Wazalendo, arrivé deuxième, a rejeté les résultats et exigé la tenue d’un nouveau scrutin, évoquant des cas de fraude massive, notamment des votes multiples et l’expulsion de ses observateurs des bureaux de dépouillement.
Le parti Chadema, autre formation d’opposition, a avancé un bilan de 700 morts lors des manifestations qui ont suivi le scrutin, un chiffre jugé « plutôt crédible » par une source diplomatique citée par l’AFP.
Face à la gravité des violences, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est dit « très inquiet » et a appelé à une enquête impartiale sur les accusations d’usage excessif de la force par les autorités. Il a exhorté toutes les parties à la retenue afin d’éviter toute nouvelle escalade.
De son côté, le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Mahmoud Thabit Kombo, a nié tout recours excessif à la force, évoquant seulement des « poches de violence » isolées.
Mme Samia Suluhu Hassan, qui dirige la Tanzanie depuis 2021 à la suite du décès de son prédécesseur John Magufuli, n’a pas encore réagi publiquement aux événements.
(AIP)
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