Abidjan, 11 août 2025 (AIP) – Plusieurs dizaines de soldats, dont des officiers supérieurs, ont été arrêtés au Mali au cours des dernières 72 heures pour leur implication présumée dans une tentative de renversement de la junte au pouvoir, ont indiqué lundi 11 août 2025 des sources sécuritaires.
Les arrestations, entamées samedi, se sont poursuivies dans la nuit de dimanche à lundi et devraient se poursuivre, selon les mêmes sources. « Il y a eu au moins une vingtaine d’arrestations », a précisé une source sécuritaire malienne à l’AFP, évoquant une « tentative de déstabilisation des institutions ». Un membre du Conseil national de transition (CNT) a, pour sa part, fait état d’« environ 50 arrestations ».
Deux officiers supérieurs figureraient parmi les personnes interpellées, dont un général récemment relevé de ses fonctions et l’une des rares femmes occupant un poste élevé dans l’armée. Des informations circulant sur l’arrestation du général Abass Dembélé et de la générale Nema Sagara ont toutefois été démenties par une source proche du général Dembélé.
Aucune communication officielle n’a été faite par les autorités maliennes. Cette vague d’arrestations intervient dans un contexte de fortes tensions internes et de recrudescence des attaques djihadistes et rebelles, qui secouent le Mali depuis 2012.
Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, la junte dirigée par le général Assimi Goïta a renforcé ses liens militaires avec la Russie, notamment via le groupe paramilitaire Africa Corps (ex-Wagner), tout en s’éloignant de ses partenaires occidentaux. Malgré ce soutien, l’armée peine à contenir l’insurrection, et des voix critiques dénoncent un traitement privilégié des mercenaires russes au détriment des soldats maliens.
En juillet, le CNT a accordé au chef de la junte un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable indéfiniment, sans organisation d’élections, alors que les autorités s’étaient initialement engagées à un retour à un régime civil en mars 2024.
(AIP)
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