Abidjan, 30 oct 2026 (AIP)- La présidente de la Fédération des femmes du secteur du vivrier de Côte d’Ivoire (FFSV-CI), Gbakayoro Lucie, appelle les autorités locales et les partenaires au développement à renforcer leur accompagnement des femmes exerçant dans le secteur vivrier, notamment à travers l’octroi de subventions annuelles, afin de soutenir leurs activités de production, de transformation et de commercialisation.
Cet appel a été lancé jeudi 29 octobre 2026 à la mairie d’Ayamé, à l’occasion de la célébration de la 5e édition des Journées nationales du vivrier (JNV), placée sous le thème « Femme du vivrier, pilier de la souveraineté alimentaire et de la transformation agroalimentaire en Côte d’Ivoire ».
« Pourquoi ne pas accorder une petite subvention chaque année à l’Association des femmes du vivrier de Côte d’Ivoire pour aider à la formation et à la formalisation ? », a plaidé Mme Gbakayoro, invitant les mairies et les conseils régionaux à apporter un appui concret aux femmes qui contribuent quotidiennement à nourrir les populations.
Elle a souligné que ces femmes, présentes dans les différentes régions du pays, déploient d’importants efforts dans les champs et les unités de transformation, souvent dans des conditions difficiles, sans disposer des moyens nécessaires pour développer pleinement leurs activités.
La présidente de la Fédération a également relevé que le manque de formalisation de nombreuses associations féminines constitue un obstacle à leur accès aux projets et aux financements. Elle a exhorté les autorités à faciliter leur structuration et leur organisation afin qu’elles puissent bénéficier davantage des dispositifs d’accompagnement existants.
Évoquant les difficultés liées à l’écoulement des productions, elle a insisté sur l’importance de la transformation agroalimentaire pour limiter les pertes après récolte. Les formations pratiques organisées dans le cadre de ces journées portent notamment sur la fabrication de purées de tomates, de piments et d’aubergines, permettant de conserver les produits pendant plusieurs mois et de les commercialiser au moment opportun.
Pour Gbakayoro Lucie, l’acquisition de petits équipements agricoles et de transformation constitue également un levier essentiel pour améliorer la productivité et les revenus des femmes, souvent contraintes de recourir à une main-d’œuvre extérieure pour exploiter leurs parcelles.
Représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, la député Gnéba Nadine Mélanie a salué la contribution des femmes rurales à la sécurité alimentaire nationale. Elle a indiqué que le secteur vivrier est animé à plus de 80% par des femmes qui assurent la production, la transformation, le transport et la commercialisation des denrées alimentaires.
Mme Gnéba les a exhortées à se regrouper en coopératives, à renforcer leurs compétences et à saisir les opportunités offertes par les formations pour développer la transformation et accéder à de nouveaux marchés.
Le représentant de l’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV), a, pour sa part encouragé les femmes à se rapprocher de l’Office pour bénéficier de ses infrastructures et de ses formations en techniques de commercialisation.
La Fondation SIFCA a également réaffirmé son engagement aux côtés des productrices, avec la remise annoncée de deux tricycles destinés à faciliter le transport des récoltes et à réduire les pertes post-récolte.
De son côté, le maire d’Ayamé, Eba Sévérin, a réaffirmé la volonté de sa commune d’accompagner l’agriculture vivrière, notamment à travers l’organisation des productrices en coopératives, considérant ce secteur comme un levier de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté.

Les 5es Journées nationales du vivrier, qui prennent fin samedi, sont marquées par des formations pratiques, des expositions-ventes, des rencontres avec les acheteurs et des visites de sites de production, autour des enjeux de productivité agricole, de préservation de l’environnement et de transition vers l’agroécologie.
Des tricycles ont été remis pour la circonstance afin de permettre aux femmes de faire sortir le vivrier des lieux de production pour les marchés.
(AIP)
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