Abidjan, 19 oct 2026 (AIP) – Lancée aux États-Unis en 1985, la campagne octobre rose est devenue un rendez-vous international de sensibilisation au cancer du sein. Elle vise à promouvoir le dépistage précoce, à améliorer l’information des populations et à soutenir les personnes touchées par la maladie.
En Côte d’Ivoire, cette mobilisation prend une importance particulière face aux quelque 5 000 nouveaux cas de cancer du sein détectés chaque année, selon les chiffres communiqués en Conseil des ministres le 14 octobre 2026.
D’une initiative américaine à une mobilisation mondiale
Lancée en 1985 aux États-Unis par l’American Cancer Society, en collaboration avec l’entreprise pharmaceutique Imperial Chemical Industries, la campagne, connue sous le nom de Breast Cancer Awareness Month, visait à mieux faire connaître la maladie et à encourager le dépistage.
Le ruban rose, devenu le symbole de cette mobilisation, gagne en visibilité au début des années 1990. En 1991, la fondation Susan G. Komen distribue des rubans roses lors d’une course organisée à New York. L’année suivante, Alexandra Penney, rédactrice en chef du magazine Self, et Evelyn Lauder contribuent à populariser ce symbole.
Au fil des années, octobre rose dépasse les frontières américaines. Associations, professionnels de santé, institutions publiques, entreprises et médias organisent des campagnes d’information, des manifestations solidaires et des activités de dépistage.
Environ 5 000 cas de cancer du sein par an en Côte d’Ivoire
De façon générale, environ 20 000 cas de cancers, tous types confondus, sont détectés chaque année en Côte d’Ivoire, dont 5 000 cas de cancer du sein. Quelque 6 000 dépistages sont réalisés annuellement.
Ces chiffres ont été communiqués lors du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre 2026, au palais présidentiel à Abidjan-Plateau, à la suite d’une communication du ministre de la Santé sur la lutte contre le cancer, dans le cadre d’Octobre Rose. L’information a été rapportée par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
Le cancer du sein touche principalement les femmes, mais peut également concerner les hommes. L’apparition d’une boule dans le sein, une modification de sa forme ou de sa peau, un changement du mamelon ou un écoulement inhabituel doivent conduire à consulter un professionnel de santé.
Le dépistage vise à rechercher la maladie chez des personnes ne présentant pas de symptômes, tandis que le diagnostic permet d’identifier la cause d’une anomalie. La mammographie constitue un outil important de dépistage lorsqu’elle est recommandée.
Des infrastructures et des mesures pour renforcer la prise en charge
Pour améliorer la prise en charge des malades, le gouvernement a mis en place un dispositif comprenant notamment le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) et l’Institut de médecine nucléaire d’Abidjan (IMENA), installés au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody.
Selon Amadou Coulibaly, les quatre CHU d’Abidjan, à savoir Cocody, Angré, Treichville et Yopougon, sont également équipés de matériels destinés au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge des cancers.
Le Centre national de radiothérapie et d’oncologie médicale de Grand-Bassam doit, pour sa part, ouvrir en décembre 2026, selon les informations communiquées par le porte-parole du gouvernement.
Des conventions conclues avec de grandes firmes pharmaceutiques permettent par ailleurs de rendre quasi gratuits certains traitements dont le coût peut atteindre trois à quatre millions de FCFA. À l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, un pavillon consacré aux cancers pédiatriques propose, selon la même source, 90 % de traitements gratuits.
Le dépistage au-delà d’Abidjan
Les efforts annoncés concernent également l’intérieur du pays. Selon Amadou Coulibaly, les centres hospitaliers régionaux (CHR) et les hôpitaux généraux sont équipés de mammographes afin de renforcer les possibilités de dépistage.
Pour rapprocher les services de santé des femmes vivant dans les zones rurales, le gouvernement a acquis en 2025 un mammographe mobile destiné à sillonner les villages éloignés des structures sanitaires.
Le porte-parole du gouvernement a également insisté sur l’importance du dépistage précoce, annoncé comme gratuit pendant Octobre Rose, tandis que la mammographie est proposée au tarif de 2 000 FCFA, selon les informations communiquées.
Il a par ailleurs indiqué que le taux de survie à cinq ans avait doublé, soulignant les progrès réalisés dans la prise en charge du cancer. Cette évolution rappelle l’importance du diagnostic précoce et de l’accès aux traitements, même si les chances de survie varient selon le type de cancer, son stade et les soins disponibles.
Une mobilisation qui doit durer toute l’année
Malgré les efforts annoncés, la lutte contre le cancer du sein nécessite une sensibilisation permanente, un accès effectif aux examens et une continuité des soins.
Les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les associations, les collectivités territoriales, les entreprises et les médias ont un rôle complémentaire à jouer pour informer les populations, lutter contre les idées reçues et faciliter l’orientation des personnes vers les structures adaptées.
Les médias contribuent notamment à diffuser des informations médicales fiables et à rappeler qu’une anomalie du sein doit faire l’objet d’une consultation sans attendre une campagne de sensibilisation.
Quarante et un ans après son lancement aux États-Unis, octobre rose demeure un symbole international de prévention et de solidarité face au cancer du sein.
En Côte d’Ivoire, l’enjeu est désormais de consolider les efforts de dépistage, de diagnostic et de traitement afin que la mobilisation d’octobre se traduise par des progrès durables dans la prise en charge des malades.
Car la lutte contre le cancer du sein ne s’arrête pas le 31 octobre.
(AIP)
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