Aboisso, 10 juil 2026 (AIP) – Au départ d’Aboisso, la route vers Kouakro offre un condensé des richesses naturelles du Sud-Comoé. Sur près d’une heure de trajet, le ruban d’asphalte serpente entre les immenses plantations d’hévéas aux troncs soigneusement alignés, les vastes plantations qui s’étendent à perte de vue et les derniers lambeaux de forêt dense qui rappellent le couvert végétal originel de cette région de l’Est de la Côte d’Ivoire. De part et d’autre de la chaussée, des villages paisibles, des marchés de fortune et des cultivateurs déjà à l’œuvre annoncent une terre où l’agriculture demeure le principal moteur de l’économie.
C’est dans ce décor verdoyant que le préfet de la région du Sud-Comoé, préfet du département d’Aboisso, Ibrahima Cissé, a effectué, mardi 07 et mercredi 08 juillet 2026, une mission de travail dans la sous-préfecture de Kouakro. Une tournée marquée par la découverte des réalités du terrain, les échanges avec les populations et un message sans ambiguïté contre l’orpaillage clandestin.
À l’entrée de la résidence du sous-préfet de Kouakro, l’administration, les autorités coutumières et les populations réservent un accueil des plus chaleureux à la délégation préfectorale. Sous la conduite du sous-préfet Abeu Mesmin, hommes, femmes et jeunes se sont mobilisés pour souhaiter la bienvenue au représentant de l’État.
Les premières notes des tam-tams retentissent aussitôt. Les danseurs de l’Ampadou rivalisent d’adresse, pendant que les femmes exécutent les mouvements harmonieux de l’Akpèssè. Les chants traditionnels couvrent par moments le bruit des moteurs qui viennent de s’éteindre. Le préfet Ibrahima Cissé exécute quelques pas de danse. Les populations apprécient, la joie est à son comble.

Dans la pure tradition Agni Sanwi, les salutations coutumières prennent ensuite le relais. Ici, demander les nouvelles ne relève pas d’une simple formalité : c’est un acte de respect qui témoigne des liens entre les autorités administratives et les gardiens de la tradition.
La mission se poursuit par une visite de courtoisie au président du Conseil régional du Sud-Comoé et président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Dr Aka Aouélé à Affiénou située à quatre kilomètres de Kouakro. Les échanges portent notamment sur les défis de développement de cette partie de la région avant que la délégation ne regagne la résidence du sous-préfet pour préparer la deuxième journée de travail.
Mercredi matin, changement de décor. Direction le site de Turaco Gold, société minière implantée dans la sous-préfecture de Kouakro. Les installations industrielles émergent au milieu d’une végétation abondante. Les responsables de l’entreprise conduits par Yves Alexande Enokou, directeur pays , présentent les différentes étapes de leurs activités, les mesures environnementales mises en œuvre ainsi que les perspectives économiques liées à l’exploitation du gisement.
Pour le préfet Ibrahima Cissé, cette entreprise constitue l’illustration qu’une exploitation minière peut se faire dans le strict respect des textes en vigueur. « C’est un exemple », fait-il comprendre au terme de la visite, estimant que cette expérience renforce davantage la détermination des pouvoirs publics à combattre l’orpaillage clandestin qui continue de dégrader les terres agricoles, les cours d’eau et l’environnement.
Quelques heures plus tard, les populations des 10 villages de la sous-préfecture convergent vers Kouakro pour rencontrer le préfet. La salle est pleine. Les chefs coutumiers prennent place aux côtés des élus, des cadres, des responsables d’associations de femmes et de jeunes.
La députée Joséphine Kassi prend la parole au nom des populations. Elle exprime leur gratitude au président de la République, Alassane Ouattara, pour le bitumage de la route Maféré-Kouakro, longue de 18 kilomètres, qui a considérablement amélioré la mobilité des habitants et facilité l’évacuation des produits agricoles. Elle salue également les investissements consentis dans le secteur de l’éducation.
Au-delà des remerciements, l’élue remet au préfet un livre blanc recensant les principales attentes des populations. Au premier rang figurent la construction d’un château d’eau, l’extension du réseau d’électrification, le bitumage de l’axe Kouakro-frontière du Ghana ainsi que le renforcement des infrastructures sociales de base.
Dans sa réponse, le préfet de région rassure les populations sur la volonté du Gouvernement de poursuivre les efforts de développement dans cette localité frontalière. Il les invite également à préserver la cohésion sociale et à accompagner les actions de l’administration.Puis le ton se durcit.
Evoquant l’orpaillage clandestin, Ibrahima Cissé lance une mise en garde ferme à l’endroit des chefs de villages qui se rendraient complices de cette activité illégale. Il prévient que l’État n’hésitera pas à prendre des sanctions pouvant aller jusqu’à leur destitution. Pour lui, il ne saurait être question de compromettre le développement de la sous-préfecture par des pratiques qui détruisent les terres, polluent les cours d’eau et mettent en péril la sécurité des populations.
En fin d’après-midi, vers 16 h, le cortège reprend la route d’Aboisso. Derrière les véhicules, les collines verdoyantes, les plantations d’hévéas et les palmeraies s’éloignent progressivement.
Au terme de ces deux jours passés à Kouakro, une certitude se dégage, cette sous-préfecture, riche de ses traditions et de ses potentialités, entend poursuivre sa marche vers le développement. Mais ce développement, ont rappelé les autorités administratives, devra s’appuyer sur le respect de la loi, la protection des ressources naturelles et la participation active des populations
(AIP)
akn/fmo
Reportage de Ahoulou Noel,
Chef du bureau trégional d’Aboisso

