Abidjan, 09 juil 2026 (AIP) – Les carences en micronutriments constituent aujourd’hui le principal défi nutritionnel en Afrique centrale et de l’Ouest, où elles touchent une grande partie de la population, notamment les enfants et les femmes, a indiqué le responsable de la nutrition, santé et bien-être de Nestlé pour la région, Dr Bréhima Emmanuel Cissoko, lors d’une rencontre avec des journalistes organisée par Nestlé Côte d’Ivoire.
« Nous nous réunissons parce que nous avons compris qu’il y a des défis auxquels nous devons faire face ensemble », a déclaré Dr Cissoko, estimant que la lutte contre la malnutrition nécessite une mobilisation de l’ensemble des acteurs, des pouvoirs publics aux entreprises, en passant par les professionnels de santé, les médias et les ménages.
Une « faim cachée » qui touche des millions de personnes
Pour expliquer la gravité de la situation, le nutritionniste a présenté plusieurs données internationales. Selon lui, entre 25 et 30 % de la population mondiale, soit près de 1,9 milliard de personnes, souffrent de déficits en micronutriments. Bien que l’Afrique subsaharienne ne représente qu’environ 15 % de la population mondiale, elle concentre plus de 25% de ce fardeau.
La situation est encore plus préoccupante en Afrique centrale et de l’Ouest, où se situe la plus forte concentration de ces carences.
Selon lui, la région est confrontée au « triple fardeau de la malnutrition », caractérisé par la coexistence des carences en micronutriments, de la sous-nutrition ainsi que du surpoids et de l’obésité. Toutefois, « le principal défi nutritionnel de notre région, ce sont les carences en micronutriments, ce que nous appelons la faim cachée », a-t-il souligné.
Selon les données présentées, 50 à 70% des populations d’Afrique centrale et de l’Ouest sont concernées par ces déficits nutritionnels, contre 30 à 35% pour la sous-nutrition.
Pour le spécialiste, les micronutriments regroupent les vitamines et les minéraux indispensables au fonctionnement de l’organisme, notamment le fer, la vitamine A, le zinc, l’iode, le calcium et les vitamines du groupe B. À la différence des macronutriments — glucides, protéines et lipides — qui fournissent l’énergie et participent à la construction des tissus, ces micronutriments assurent des fonctions essentielles de protection, de régulation et de développement.
Le spécialiste a expliqué que cette « faim cachée » résulte d’un déficit en vitamines et en minéraux essentiels, notamment le fer, la vitamine A, le zinc, l’iode, le calcium et la vitamine B12. Ces carences, souvent invisibles, peuvent compromettre le développement physique et cognitif des enfants tout en augmentant les risques d’anémie et de maladies.
Des conséquences souvent invisibles
« Vous pouvez voir un enfant qui joue, qui court, qui semble en bonne santé. Pourtant, son organisme est en train de souffrir silencieusement de carences. Son cerveau peut ne pas se développer correctement, ce qui aura des conséquences sur son apprentissage et son rendement scolaire », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette situation est particulièrement préoccupante car ces déficits ne sont souvent diagnostiqués qu’au moment de complications médicales.
En Côte d’Ivoire, les carences en fer, à l’origine de l’anémie, arrivent en tête des déficiences nutritionnelles. Elles sont suivies des carences en vitamine A, en zinc, en iode, en calcium et en vitamine B12. Le spécialiste précise que ce profil nutritionnel est sensiblement le même au Sénégal, au Ghana, au Togo, au Cameroun et dans la plupart des pays de la sous-région.
Ces données proviennent notamment des publications de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), a-t-il indiqué.
Une responsabilité partagée
Face à l’ampleur du phénomène, Dr Cissoko a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. « Aucun acteur ne peut relever seul ce défi », a-t-il affirmé. Selon lui, les ménages doivent adopter de meilleures pratiques alimentaires, tandis que les professionnels de santé sont appelés à renforcer le dépistage, la prévention et la prise en charge de la malnutrition.
Il a noté que les pouvoirs publics ont la responsabilité de créer un environnement favorable à la mise en œuvre des politiques nutritionnelles, alors que les partenaires techniques et financiers apportent leur expertise.
La stratégie nutritionnelle présentée par Nestlé
Le responsable de la nutrition de Nestlé a ensuite présenté la stratégie « Nutrition, Santé et Bien-être » (NHW), que l’entreprise dit mettre en œuvre dans les pays où elle est implantée.
Pour contribuer à réduire ces déficits, l’entreprise agro alimentaire affirme s’appuyer sur une stratégie baptisée « Nutrition, Santé et Bien-être » (NHW), qui consiste notamment à améliorer le profil nutritionnel des produits, réduire les nutriments dits sensibles tels que le sucre, le sel et les matières grasses, renforcer les aliments en vitamines et minéraux, encourager l’innovation scientifique et maximiser l’impact des produits sur les indicateurs de santé publique.
« Nous nous adaptons constamment aux données de santé publique. Lorsque les études montrent une augmentation de l’anémie dans un pays, nous cherchons à renforcer les produits destinés aux populations concernées afin d’apporter une réponse nutritionnelle », a expliqué Dr Cissoko.
Il a cité en exemple plusieurs produits commercialisés dans la région, enrichis notamment en fer, calcium, phosphore, vitamines A, B2 et B6.
L’entreprise affirme également avoir engagé, depuis une vingtaine d’années, une politique progressive de réduction du sucre ajouté dans certains produits et prépare la commercialisation de nouvelles références sans sucre ajouté, déjà disponibles au Ghana et au Sénégal.
Interrogé sur les critiques portant sur le prix de certains produits, le spécialiste a assuré que l’entreprise s’efforce de concilier qualité nutritionnelle, sécurité sanitaire et accessibilité.
Il a également indiqué que Nestlé mène, avec des universités de plusieurs pays, des études destinées à mesurer l’impact réel de la fortification de certains produits sur la santé des consommateurs.

La contrefaçon alimentaire, un risque pour les consommateurs
Les échanges ont également porté sur la contrefaçon des produits alimentaires, que les responsables de l’entreprise considèrent comme un enjeu majeur de santé publique.
Selon Dr Cissoko, ce phénomène expose les consommateurs à des produits qui ne répondent pas aux exigences de qualité et de sécurité. « Les produits contrefaits ne sont pas de la même qualité que les nôtres et nous avons le devoir de protéger les consommateurs », a-t-il déclaré.
L’entreprise affirme collaborer avec les autorités nationales pour identifier les produits frauduleux, former les services de contrôle à distinguer les produits authentiques des contrefaçons et mener des campagnes de sensibilisation auprès des populations.
La directrice de la communication institutionnelle et des affaires publiques de Nestlé pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Patricia Ekaba, a indiqué que chaque suspicion de contrefaçon fait l’objet d’un signalement aux autorités compétentes. Elle a ajouté que l’entreprise renforce progressivement les dispositifs de sécurisation de ses emballages afin de limiter les risques de falsification.
Au-delà des présentations techniques, cette visite immersive visait à permettre aux journalistes de mieux comprendre les processus de conception, de fabrication et de contrôle des produits alimentaires, ainsi que les engagements de l’entreprise en matière de nutrition, de qualité et de sécurité alimentaire et de développement durable.
Cette rencontre, qui s’inscrivait dans une visite immersive de deux jours (25 et 26 juin), a réuni des professionnels des médias venus de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Ghana, du Togo, du Cameroun et du Nigeria autour des enjeux de la nutrition et de la sécurité alimentaire. Les échanges ont également porté sur la lutte contre la contrefaçon des produits alimentaires, présentée par l’entreprise comme une menace pour la santé des consommateurs.
Pour les organisateurs, une meilleure compréhension de ces enjeux par les professionnels des médias devrait contribuer à une information plus documentée sur les questions de nutrition et de sécurité alimentaire dans la région.
(AIP)
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