Bouaké, 30 juil 2026 (AIP)- L’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas en Côte d’Ivoire, Jeroen Kelderhuis, a visité mercredi 29 juillet 2026 les principales interventions soutenues par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) à Bouaké, en compagnie du représentant résident de l’institution en Côte d’Ivoire, Saidou Kaboré, dans le cadre de la Caravane du Royaume des Pays-Bas en Côte d’Ivoire organisée les 28 et 29 juillet.
Cette visite de terrain a conduit la délégation au Centre de santé urbain (CSU) de Nimbo et au Centre régional de transfusion sanguine (CRTS) de Bouaké, afin d’évaluer les réalisations, les résultats et l’impact des programmes mis en œuvre par l’UNFPA dans la région de Gbêkê avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas.
Au CSU de Nimbo, l’ambassadeur et sa délégation ont échangé avec les responsables de l’établissement, visité les services de santé maternelle et reproductive, ainsi que les espaces consacrés au suivi postnatal. Les échanges ont porté sur la prise en charge des femmes enceintes, le suivi des mères après l’accouchement, la planification familiale et les actions menées pour réduire la mortalité maternelle.
La délégation s’est ensuite rendue au Centre régional de transfusion sanguine de Bouaké où elle a découvert les différentes étapes de la collecte, du traitement, du contrôle de qualité, de la conservation et de la distribution des produits sanguins destinés aux établissements sanitaires.
À l’issue de cette visite, Jeroen Kelderhuis a salué les performances des équipes médicales et techniques des structures appuyées par l’UNFPA. « Le Royaume des Pays-Bas est un important bailleur de l’UNFPA, qui accompagne le gouvernement ivoirien dans le secteur de la santé. Nous avons visité aujourd’hui le Centre régional de transfusion sanguine qui accomplit un travail important pour sauver la vie de nombreux Ivoiriens. Beaucoup de citoyens donnent volontairement leur sang pour venir en aide à leurs compatriotes. Nous avons également constaté le professionnalisme avec lequel le sang est collecté, analysé, traité et mis à la disposition des établissements de santé », a déclaré le diplomate.
Il a indiqué que le Royaume des Pays-Bas contribue au renforcement des capacités techniques du CRTS à travers l’acquisition d’équipements et de matériels biomédicaux destinés au traitement des produits sanguins.
L’ambassadeur a rappelé que son pays demeure le premier bailleur de fonds de l’UNFPA et qu’un nouvel accord de financement a été conclu avec l’institution. « Nous avons récemment signé un nouvel accord avec l’UNFPA d’un montant de 28,7 millions d’euros par an pour les quatre prochaines années. Ce financement couvre également l’appui au secteur de la santé en Côte d’Ivoire », a-t-il précisé.
Revenant sur la visite effectuée au Centre de santé urbain de Nimbo, M. Kelderhuis a souligné l’importance du suivi postnatal. « J’ai pu constater le travail accompli chaque jour par le personnel auprès des mères après leur accouchement. Il est important que les femmes reviennent régulièrement dans les centres de santé afin de bénéficier d’un suivi adapté. Nous avons rencontré des mères en bonne santé grâce au travail de l’UNFPA et au soutien du Royaume des Pays-Bas », a-t-il ajouté.

Le représentant résident de l’UNFPA en Côte d’Ivoire, Saidou Kaboré, a exprimé la reconnaissance de son institution au Royaume des Pays-Bas pour son appui aux programmes de santé reproductive et de protection des femmes et des filles. « Je voudrais exprimer toute ma gratitude au Royaume des Pays-Bas, premier donateur du Fonds des Nations unies pour la population. Le Royaume est engagé dans la défense des droits des femmes, des enfants et des nouveau-nés. À ce titre, la santé de la reproduction, la lutte contre les violences basées sur le genre, l’accès à la planification familiale ainsi que les accouchements assistés par du personnel qualifié constituent des priorités de notre coopération », a déclaré M. Kaboré.
Il a estimé que la présence de l’ambassadeur à Bouaké traduit la volonté des Pays-Bas de poursuivre leur accompagnement du gouvernement ivoirien dans le renforcement du système de santé.
Le représentant résident de l’UNFPA a rappelé les progrès enregistrés par la Côte d’Ivoire en matière de réduction de la mortalité maternelle.
Selon lui, le ratio de mortalité maternelle est passé de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes à 385 décès entre les deux dernières enquêtes disponibles. Il a attribué cette évolution aux politiques publiques conduites par le gouvernement, au leadership du ministère de la Santé ainsi qu’à l’appui des partenaires techniques et financiers, dont le Royaume des Pays-Bas à travers l’UNFPA.
Il a également rendu hommage aux autorités administratives, sanitaires et aux communautés locales qui œuvrent à l’amélioration de la santé maternelle.
La coordonnatrice du bureau décentralisé de l’UNFPA à Bouaké, Nobou Marie-Chantal, a présenté les missions et les résultats des interventions de l’organisation. Elle a indiqué que le bureau assure quatre fonctions principales, à savoir la coordination régionale des interventions, le dialogue politique et stratégique avec les autorités administratives et préfectorales, l’assistance technique aux directions régionales concernées et le suivi des programmes axés sur les résultats.
Mme Nobou a expliqué que la réduction de la mortalité maternelle constitue la priorité des interventions de l’UNFPA. Elle a cité l’initiative TAKEDA, dénommée « 2 heures pour la vie », qui vise à organiser la chaîne des soins obstétricaux d’urgence afin qu’aucune femme enceinte ne se trouve à plus de deux heures d’une prise en charge qualifiée. Elle a également évoqué l’initiative « Save Birth Africa », qui cible les hémorragies du post-partum, première cause de décès maternels dans la région.
La coordonnatrice a indiqué que le programme UNFPA Supplies garantit la disponibilité des produits de santé reproductive et des méthodes contraceptives dans les établissements sanitaires. Elle a ajouté que dans les régions du Tchologo et du Bounkani, confrontées à des défis sécuritaires, l’UNFPA met en œuvre le Dispositif minimum d’urgence (DMU) afin d’assurer la continuité des services essentiels de santé reproductive et de prévenir les violences basées sur le genre.
Présentant les résultats obtenus, Mme Nobou a annoncé que le taux de létalité obstétricale dans les établissements de santé est passé de 5,8 % en 2022 à 1,16 % en 2024 grâce au renforcement de la prise en charge des urgences obstétricales. Elle a également fait état d’une prévalence contraceptive de 21,9 % dans la zone d’intervention de l’UNFPA.
Selon elle, 537 femmes souffrant de fistules obstétricales ont été opérées puis réinsérées dans la société, tandis que plus de 300 femmes et jeunes filles ont bénéficié d’actions de renforcement du leadership et de l’autonomisation économique à travers le Forum des femmes du Gbêkê. Elle a précisé que les interventions de l’UNFPA s’appuient sur les autorités administratives, les leaders communautaires, les organisations de la société civile, les associations de femmes et les jeunes afin de lutter contre les discriminations, les barrières socioculturelles et la désinformation qui limitent l’accès des filles et des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive.
Mme Nobou a souligné que ces résultats s’inscrivent dans les priorités de la coopération néerlandaise en matière de santé sexuelle et reproductive, d’égalité de genre et d’autonomisation des jeunes. Elle a enfin réaffirmé l’engagement de l’UNFPA à atteindre, à l’horizon 2030, les trois objectifs de l’organisation, à savoir zéro besoin non satisfait en planification familiale, zéro décès maternel évitable et zéro violence basée sur le genre et pratiques préjudiciables, grâce au renforcement du partenariat avec le Royaume des Pays-Bas et les autorités ivoiriennes.
(AIP)
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