Abidjan, 2 sept 2026 (AIP) – L’auteure Annick-Carole Koffi a invité les familles à retrouver sérénité, temps et contrôle, lors d’une conférence-dédicace autour de l’ouvrage en quatre tomes « Comment s’organiser sans nounou ? » samedi 29 août 2026 à Abidjan.
La conférence a réuni des parents, des nounous et autres participants, autour d’une question devenue pour de nombreuses familles un véritable enjeu d’organisation, de sérénité et d’équilibre familial.
L’auteure, Annick-Carole Koffi née Amoa, juriste de formation et passionnée par le développement du potentiel humain, a proposé un regard croisé sur la question des nounous et, surtout, des pistes concrètes pour ne plus faire dépendre toute l’organisation familiale de la présence d’une aide domestique.
Partant d’un constat sociétal, elle a relevé que les réalités des familles ont changé, tout comme celles des personnes qui travaillent auprès d’elles. Départs subits, difficultés liées à la qualité du service, pratiques que certaines familles ne souhaitent plus subir, indisponibilité des aides ou absence de solution de continuité.
Autant de situations qui peuvent brusquement désorganiser la vie familiale et professionnelle. « Ce n’est peut-être pas toi le problème. Tu étais simplement en train d’essayer de faire tenir deux époques qui ne se ressemblent plus », a-t-elle résumé.
L’une des forces de cette rencontre a été de ne pas proposer une lecture unilatérale de la problématique. La parole a été donnée à d’anciennes nounous, dont les témoignages ont permis de découvrir une autre facette de la relation entre familles et aides domestiques.
Celle des parcours personnels, des blessures, des aspirations, des contraintes économiques et parfois des réalités spirituelles qui accompagnent celles qui exercent ce métier. Leurs interventions ont rappelé une évidence : derrière la fonction de nounou, il y a avant tout une personne, avec sa propre histoire et ses propres réalités.
Au cœur de la conférence, l’auteure a présenté sept clés pour apprendre à fonctionner sans dépendre entièrement d’une aide extérieure.
Il s’agit de comprendre l’enjeu sociologique actuel, prendre conscience de ce qui attaque sa paix lorsqu’on se retrouve sans nounou, choisir ce qui mérite son énergie, adopter et respecter des systèmes qui réduisent le chaos, développer les habiletés pour savoir parler afin que les enfants écoutent, et écouter afin que les enfants parlent, intégrer le sport, et ne négliger sous aucun prétexte la dimension spirituelle.
L’un des messages forts de la rencontre est qu’il n’existe pas de solution unique. Avoir une nounou peut être le choix d’une famille. Ne pas en avoir peut en être un autre. L’essentiel est de pouvoir faire ce choix sans que l’équilibre familial ne soit entièrement dépendant de la présence d’une personne extérieure et, par-dessus tout, que ce choix préserve sa propre paix et celle de sa famille.
« Apprendre à s’organiser sans nounou ne signifie pas chasser sa nounou dès ce soir », a nuancé Annick-Carole Koffi. Cela peut permettre de mieux gérer son stress, de développer l’autonomie des enfants, de libérer plus facilement une personne qui souhaite poursuivre ses propres rêves et, finalement, de « rechoisir sa paix ».
L’un des autres axes abordés concerne l’autonomisation progressive des enfants, en bas âge ou adolescents. Pour Annick-Carole, il ne suffit pas de demander à un enfant ou un adolescent de « donner un coup de main ».
Il faut progressivement l’amener à prendre sa part de responsabilité dans le fonctionnement de la maison. La distinction proposée est simple mais forte. « Pour un enfant ou ado qui ne sait pas faire, on enseigne. Pour un enfant ou ado qui sait faire mais ne fait pas, on responsabilise », a-t-elle souligné.
En marge de la conférence-dédicace, un atelier destiné aux enfants a permis aux plus jeunes de présenter leurs travaux. Ils ont notamment exécuté des pas de danse sur un chant composé et interprété par l’auteure, prolongeant concrètement le message de la rencontre.
L’organisation familiale ne repose pas uniquement sur les adultes, elle peut aussi devenir un espace d’apprentissage, de responsabilisation, de coopération et d’épanouissement pour les enfants.
Mariée et mère de quatre enfants, Annick-Carole Koffi s’est elle-même confrontée aux difficultés et aux ajustements qu’impose parfois l’absence de soutien domestique.
Ses années d’expérimentation, enrichies par l’expérience d’autres familles et par des formations en écoute professionnelle au Centre de counseling professionnel et de pastorale clinique (COPAC) ainsi qu’en leadership transformationnel à Daniel Ecole de Leadership (D.EL), l’ont conduite à développer des solutions qu’elle veut concrètes, adaptables et adaptées aux réalités contemporaines et culturelles, notamment africaines.
Au terme de cette rencontre, une conviction s’impose, note-t-on. La question n’est peut-être finalement pas seulement de savoir comment trouver ou garder une nounou, mais plutôt de savoir comment construire une famille capable de fonctionner, de s’adapter et de préserver sa sérénité quelles que soient les circonstances.
Avec « Comment s’organiser sans nounou ? », Annick-Carole ouvre un débat qui dépasse largement la question de l’aide domestique. Elle invite les familles à repenser leurs habitudes, à responsabiliser progressivement leurs enfants, à mieux répartir les tâches et à développer des systèmes qui réduisent le chaos.
Une invitation, en définitive, à ne plus subir son organisation familiale, mais à la choisir, et surtout à choisir sa paix, avec nounou ou sans nounou.
(AIP)
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