Reportage réalisé par Mémel Franck, chef du bureau régional
Bondoukou, 30 août 2025 (AIP) – Dans le Gontougo, la soif freine la croissance des cultures. Le Cercle d’actions des leaders actifs de Bondoukou (CALAB) tire la sonnette d’alarme prévenant que sans forages d’eau, les récoltes locales risquent de disparaître.
Sous la houlette de son président, le CALAB mobilise jeunes et producteurs autour de projets agricoles ambitieux. À Bondoukou, près du village de Takoutou, l’association s’efforce de sécuriser la production vivrière et maraîchère, et de renforcer la sécurité alimentaire de la région.
Sur le terrain, Serge Gla ne cache pas ses inquiétudes. La perte de près d’une dizaine d’hectares de maïs, conséquence du changement climatique et du manque d’eau, illustre le défi. « Nous avons fait notre part avec nos moyens limités, mais sans eau, tout notre travail risque d’être perdu. Nous demandons 86 forages, un par parcelle, pour sécuriser nos récoltes et approvisionner durablement nos marchés », explique-t-il.
L’eau, enjeu vital pour la région
Le président du CALAB insiste sur le changement climatique qui menace directement les revenus des familles et la réussite des cultures. Les cultures de gombo, de tomate ou de piment nécessitent une irrigation régulière pour plusieurs cycles de récolte par an. Avec ces 86 forages, assure-t-il, la région pourrait nourrir ses habitants, créer des emplois et transformer l’agriculture en véritable moteur de prospérité.
Pour le CALAB, l’accès à l’eau n’est pas qu’une question de productivité. C’est un levier pour l’autonomie alimentaire, la réduction des prix des denrées locales et la création d’emplois. L’association met en avant la coordination communautaire et la participation active des jeunes pour moderniser l’agriculture.

Un projet communautaire structuré et innovant
Le CALAB gère aujourd’hui 1 033 hectares répartis sur 29 villages. Chaque village contribue financièrement et humainement aux travaux agricoles. Les investissements varient de 100 000 à 400 000 FCFA par membre. Les récoltes servent d’abord à rembourser les frais engagés, avant que les bénéfices ne soient redistribués aux membres, aux sections villageoises et au bureau exécutif.
Ces revenus financent aussi des projets sociaux tels que des infrastructures religieuses et la promotion de l’emploi local. Ce modèle communautaire fait du CALAB un exemple de réussite, alliant engagement des jeunes, modernisation agricole et structuration des actions locales.

Le rôle de l’État et les perspectives
Le projet a récemment reçu un soutien significatif de l’État. Le 16 juillet 2025, Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre d’État, ministre de l’Agriculture, a remis 18 tonnes d’intrants agricoles au CALAB. Pour Serge Gla, ce don est « un signal fort d’espoir et de reconnaissance », qui permettra de consolider le programme “Village Maraîcher” sur les 1 033 hectares et de renforcer l’engagement des jeunes dans l’agriculture.
Le CALAB a également été récompensé par le prix du meilleur entrepreneur agricole lors de la fête de l’indépendance à Bondoukou, remis par le préfet André Kouadio Gbogbon.
« L’eau est le facteur décisif », conclut le président Serge Gla. Le Gontougo a un potentiel agricole énorme. Avec des forages et une mécanisation progressive, ce potentiel pourrait se transformer en richesse durable pour les villages et la région entière.
(AIP)
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