Abidjan, 29 oct 2026 (AIP) – Le dépistage précoce et une prise en charge adaptée du cancer du sein améliorent significativement les chances de survie des patientes, a souligné la directrice générale du Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), Pr Judith Didi-Kouko Coulibaly, appelant les femmes à se faire dépister régulièrement et à consulter sans tarder en cas de signe suspect.
Dans un entretien accordé à l’AIP dans le cadre d’Octobre Rose, mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein, Pr Didi-Kouko Coulibaly a indiqué que selon les évaluations du CNRAO, la survie à cinq ans des patientes atteintes de cette maladie est passée de 30 % avant l’ouverture du centre à 63% parmi celles qui y sont suivies. Cette proportion atteint 85% chez les patientes dont le cancer a été détecté précocement.
« Le cancer du sein peut se guérir à deux conditions : qu’il soit découvert tôt et correctement traité », a-t-elle insisté, rappelant que cette maladie est le premier cancer chez la femme en Côte d’Ivoire et occupe également la première place parmi l’ensemble des cancers diagnostiqués dans le pays, selon les données de Globocan.
La responsable du CNRAO a souligné que le dépistage ne doit pas se limiter aux campagnes de sensibilisation. Depuis 2024, le centre dispose d’un service de prévention et de dépistage fonctionnant tous les jours ouvrables, toute l’année, conformément aux instructions du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre Dimba.
Elle recommande notamment un examen clinique des seins par un professionnel de santé au moins une fois par an à partir de 20 ans, ainsi qu’une mammographie de dépistage tous les deux ans à partir de 45 ans, selon les recommandations appliquées au centre.
Une boule au sein, une modification de la peau, une douleur inhabituelle ou un écoulement du mamelon en dehors de l’allaitement doivent conduire à consulter rapidement, quel que soit l’âge, a-t-elle précisé, ajoutant que seul un bilan médical permet d’en déterminer la cause.
Pour rapprocher les soins des populations, l’État a déployé des équipements de mammographie dans plusieurs établissements sanitaires à Abidjan et à l’intérieur du pays, ainsi qu’un véhicule mobile destiné à faciliter l’accès aux examens. Le plateau technique a également été renforcé avec la création de services de cancérologie dans les centres hospitaliers universitaires et l’ouverture du CNRAO, un établissement public spécialisé dans la prise en charge des cancers.
Sur la question du coût des traitements, Pr Didi-Kouko Coulibaly a assuré qu’au CNRAO, des facilités de paiement sont proposées afin que les difficultés financières ne retardent pas les soins. Les patients en situation de précarité peuvent aussi être orientés vers l’assistante sociale.
Elle a par ailleurs rappelé que des conventions conclues entre l’État et les laboratoires Roche, depuis 2019, puis AstraZeneca, permettent la gratuité de certains médicaments anticancéreux concernés pour les patients pris en charge dans les établissements publics.
Au-delà des soins médicaux, le CNRAO propose un accompagnement psychologique, nutritionnel et social, des activités physiques adaptées, un soutien spirituel et des soins de socio-esthétique. Ces dispositifs visent à améliorer le bien-être des patients et à les aider à mieux vivre les conséquences de la maladie et des traitements.
« Les personnes atteintes de cancer ne sont pas seules. L’État de Côte d’Ivoire est à leurs côtés », a affirmé la directrice générale, invitant les femmes à faire du dépistage une habitude de santé et à encourager leur entourage à adopter la même démarche.
Elle a également appelé les femmes présentant des facteurs de risque, notamment des antécédents familiaux, à solliciter les conseils d’un professionnel de santé, tout en rappelant que la présence de ces facteurs ne signifie pas nécessairement qu’elles développeront la maladie.
(AIP)
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