Transua, 07 sept 2026 (AIP) – La localité de Dadiassé (département de Transua, région du Gontougo) a célébré ses traditions et les alliances interethniques à l’occasion du Festival des arts et de la tradition des danses, organisé dimanche 6 septembre 2026, dans le but de renforcer la cohésion sociale et de valoriser le patrimoine culturel local.
La cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée en présence du secrétaire général de la préfecture de Transua, Gbozé Charles Mickael, et du directeur régional de la Culture et de la Francophonie, Kouadio Homan Evariste, a été marquée par des danses traditionnelles, une libation et des communications consacrées aux valeurs culturelles et aux alliances entre communautés.

Pour le commissaire général du festival, Kossonou Marcel, cette manifestation vise à rassembler les ressortissants de Dadiassé autour de leur identité culturelle. « Ce festival n’a pas de couleur politique ni de frontières religieuses. Il est le cœur battant de notre fraternité », a-t-il déclaré, invitant l’ensemble des communautés à s’approprier cette initiative.
Il a également sollicité un appui pour la réhabilitation du temple du Tano Kwabran Abrinônin, vieux de plus d’un siècle, la restauration du palais royal et son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Nanan Kouamé Adjoumane, intervenant au nom du chef de la province Pinango du royaume Bron, Nanan Adou Bibi 2, a expliqué que les alliances interethniques constituent un pacte moral fondé sur la confiance, la non-agression et la non-violence. Selon lui, elles jouent un rôle essentiel dans la prévention et le règlement des conflits.
« Entre alliés, il n’y a pas de guerre. On ne frappe pas l’allié. On n’humilie pas l’allié », a-t-il rappelé, soulignant que ces alliances constituent un mécanisme traditionnel de régulation sociale et de préservation de l’harmonie entre les communautés.
Par ailleurs, Nanan Kouamé Adjouman a relevé que le royaume Brong entretient un vaste réseau d’alliances avec plusieurs communautés ethniques. Ces liens reposent notamment sur la solidarité, le respect mutuel et le recours au dialogue en cas de différend.
Dans cette dynamique de valorisation du patrimoine, plusieurs danses traditionnelles ont été présentées au public, notamment les danses Bemtô, Tanoh et Naya de Sapli- Sépingo, une danse à caractère guerrier.
Quant au directeur régional de la Culture et de la Francophonie, il a invité les populations à devenir de véritables « soldats de la culture ». Kouadio Homan Evariste les a encouragées à faire de la culture un facteur de rapprochement plutôt qu’un élément de division.
À ce titre, il a insisté sur la nécessité de transmettre aux jeunes les principes qui régissent les alliances interethniques, notamment l’acceptation de la médiation de l’allié, le respect des alliés de l’allié et la transmission de ces valeurs aux générations futures.
Le secrétaire général de la préfecture de Transua, Gbozé Charles Mickael, a, pour sa part, salué la célébration et les efforts entrepris pour préserver les traditions et les valeurs culturelles de Dadiassé.
La manifestation a également été marquée par la remise de nouveaux tambours cérémoniels à la chefferie, ainsi que par des initiatives destinées à favoriser la transmission du patrimoine culturel aux jeunes.
(AIP)
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