Yamoussoukro, 29 oct 2026 (AIP) – Une cinquantaine de responsables de collectivités territoriales prennent part, depuis jeudi 29 octobre 2026 à Yamoussoukro, à un séminaire de deux jours visant à vulgariser le Fonds de prêt aux collectivités locales (FPCF), un mécanisme de financement destiné à soutenir la réalisation des programmes d’investissement des communes.
Organisée dans le cadre du renforcement des capacités financières des collectivités, cette rencontre entend mieux faire connaître ce fonds institué en 1989 et dont les opportunités restent insuffisamment exploitées par les élus locaux, malgré ses conditions de financement avantageuses, notamment un taux d’intérêt de 6 %.
Représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité à la cérémonie d’ouverture, le directeur général de la Décentralisation, Dr Fidel Yapi, a souligné que la diversification des ressources de financement constitue désormais une nécessité pour permettre aux collectivités de répondre aux besoins croissants des populations.
Il a relevé que les subventions de l’État et les ressources budgétaires annuelles ne suffisent pas toujours à financer des infrastructures structurantes, telles que les marchés, les routes, les gares routières, les abattoirs, les centres de santé et les établissements scolaires.
Logé à la Banque nationale d’investissement (BNI) et placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, le FPCF permet aux communes et aux associations intercommunales d’utilité publique de mobiliser des financements à moyen et long termes pour leurs projets d’investissement. Les conditions annoncées prévoient notamment un taux d’intérêt de 6 % et un apport d’autofinancement compris entre 15 et 35 %, selon la nature des projets.
Selon Fidel Yapi, la redynamisation des ressources destinées aux collectivités a été engagée en 2021. Un premier séminaire avait permis de sensibiliser une cinquantaine de collectivités, tandis que la présente session vise à toucher 50 autres communes, sur les 201 concernées par cette démarche de vulgarisation.
Les participants sont appelés à mieux maîtriser les caractéristiques du fonds, les modalités d’octroi des prêts, les procédures de demande et les obligations de remboursement. La présentation de la plateforme numérique du dispositif et d’infrastructures déjà réalisées doit également permettre d’illustrer concrètement les possibilités offertes aux collectivités.
Le directeur général a toutefois insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse de l’endettement, avertissant que les difficultés de remboursement fragilisent la capacité du fonds à financer de nouveaux projets au profit d’autres collectivités.
Il a ainsi exhorté les élus à privilégier des projets économiquement viables et financièrement soutenables, tout en améliorant la mobilisation de leurs ressources propres et la programmation de leurs investissements.
Face aux limites des ressources actuelles du fonds, dont le capital disponible est estimé à deux ou trois milliards de francs CFA, les autorités envisagent par ailleurs la mise en place d’un nouvel instrument dénommé Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACOT), destiné à renforcer les mécanismes de financement du développement local.
À travers cette rencontre, les organisateurs ambitionnent de rapprocher davantage le dispositif des collectivités bénéficiaires et de favoriser l’émergence de projets structurants susceptibles d’améliorer durablement le cadre de vie des populations.
(AIP)
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