Man, 19 oct 2026 (AIP)-Le manque de bois pour la fabrication de portes, de fenêtres et de meubles contraint des menuisiers de Man à réduire ou à interrompre leurs activités, a indiqué, vendredi 16 octobre 2026, le président des menuisiers de la ville, Mamadou Bakayoko, dit Pharaon, appelant l’État à faciliter leur accès à la matière première.
« Il y a des scieries à Man, mais nous ne pouvons pas avoir le bois pour travailler », a déploré M. Bakayoko, lors d’une rencontre avec une délégation de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire venue examiner les difficultés d’approvisionnement des artisans.
Selon lui, la présence de plusieurs scieries dans la ville ne garantit pas aux menuisiers l’accès au bois. Il explique que les volumes disponibles sont préfinancés dès les sites d’exploitation, ce qui empêche les artisans de s’approvisionner auprès des unités de transformation.
« On dit que les bois sont déjà préfinancés depuis la brousse. Vous comprenez que nous menuisiers, on ne peut pas avoir de bois ici à Man », a-t-il déclaré.
Cette situation oblige certains professionnels à rechercher du bois dont l’exploitation est interdite, au risque de subir des sanctions lors des contrôles des agents des Eaux et Forêts. Le président des menuisiers affirme que ces contrôles, associés au manque de matière première, ont conduit à la fermeture de plusieurs ateliers.
« Nous n’avons pas de bois, c’est du bois interdit que souvent nous gagnons pour travailler. Mais comme cela est interdit et la surveillance tellement est corsée, à l’heure où je vous parle, les ateliers, il y en a plein qui sont fermés », a-t-il expliqué.
Face à ces difficultés, Mamadou Bakayoko a demandé au gouvernement de se pencher sur la situation des menuisiers, dont l’activité dépend de l’accès régulier au bois.
« On demande vraiment pardon au gouvernement pour qu’il tourne un regard vers nous. La Côte d’Ivoire est en chantier et je crois que les menuisiers font au moins 30 à 40 % de ce chantier. Mais si nous n’avons pas notre matière première, c’est zéro, on ne peut rien faire », a-t-il plaidé.
Il a également relevé les difficultés de formation des apprentis dans un contexte où les ateliers ne disposent pas du bois nécessaire à la pratique du métier.
« Chaque année, l’État même nous envoie des enfants à former, mais on les forme avec quoi ? Nous, nous avons fait menuiserie bois et non menuiserie avec fer », a-t-il souligné.
Mamadou Bakayoko a exprimé l’espoir que la mission de la Chambre des métiers permette de trouver une issue à cette situation et de rétablir les conditions d’approvisionnement des artisans de Man.
(AIP)
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