Sassandra, 11 juin 2026 (AIP) – Un projet de restauration de 30.000 hectares de mangroves sur le littoral sera mis en œuvre afin d’assurer le bien-être des populations, de préserver la biodiversité et les ressources halieutiques, et de renforcer la résilience des écosystèmes face aux effets du changement climatique, a annoncé mercredi 10 juin 2026 à Sassandra, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba.
A l’occasion de la célébration de la Quinzaine nationale de l’environnement et du climat (QNEC 2026), il a souligné que la mangrove de Sassandra constitue un patrimoine naturel d’une valeur inestimable en raison des nombreux services qu’elle rend gratuitement aux populations locales et à la nation.
Le ministre a indiqué que la mangrove favorise la production de poissons et d’autres ressources halieutiques. S’y ajoutent plusieurs fonctions écologiques essentielles, notamment la protection du littoral contre l’érosion côtière, la conservation de la biodiversité, le stockage du carbone et la régulation du climat local. Une mangrove en bon état procure de nombreux avantages environnementaux, économiques et sociaux.
Dressant un état des lieux de la situation dans la zone de Sassandra, il a évoqué une situation contrastée. Dans les villages de Niani, Brodjé et Cocoplage, les superficies de mangroves bien conservées ont diminué de 1.006 hectares entre 2000 et 2023. En revanche, à Dagbégo et à Niéga, elles ont connu une légère progression au cours de la même période, passant respectivement à 40 hectares et 11 hectares.
Abou Bamba s’est dit convaincu que cette tendance à la dégradation peut être inversée grâce à des mesures appropriées et à une mobilisation effective de l’ensemble des acteurs concernés.
La célébration de la QNEC 2026 a également été marquée par la remise de kits de transformation de manioc en attiéké aux femmes des communautés bénéficiaires. M. Bamba a expliqué que cette initiative revêt une double portée. Elle traduit la volonté de l’État de restaurer durablement les mangroves tout en plaçant les populations au cœur des actions de conservation à travers une approche participative et inclusive.
Selon lui, la préservation durable des mangroves ne peut être dissociée d’actions concrètes en faveur du développement socio-économique des communautés qui en dépendent. C’est pourquoi toutes les opérations de restauration seront accompagnées d’activités génératrices de revenus répondant aux besoins exprimés par les populations.
En plus des kits de fabrication d’attiéké, les bénéficiaires ont reçu individuellement des chèques d’un montant de 350.000 FCFA destinés au démarrage immédiat de leurs activités. Ils bénéficieront également de l’encadrement technique de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) pour la production du manioc.
Le ministre a également annoncé un accompagnement technique du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) en vue du développement d’activités d’élevage porcin, avicole et piscicole au profit des communautés.
À travers cet appui, le gouvernement entend contribuer à l’autonomisation des femmes, au renforcement des capacités des groupements bénéficiaires, à l’amélioration de leurs conditions de travail ainsi qu’à l’accroissement de leurs revenus. L’objectif est de bâtir des communautés plus résilientes, capables de concilier développement économique et préservation durable des écosystèmes de mangroves.
(AIP)
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