Man, 25 juil 2026 (AIP)-Les autorités administratives, sanitaires et policières ont lancé dans la soirée du vendredi 24 juillet 2026 à Man, la phase de répression de l’interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun, à l’issue de plusieurs campagnes de sensibilisation menées dans le cadre du Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA).
La cérémonie de lancement s’est tenue à la préfecture de police de Man sous la présidence du sous-préfet de Man, Yocoli Vincent, représentant le préfet de la région du Tonkpi, préfet du département de Man, avant une opération de contrôle dans plusieurs espaces de loisirs et de restauration de la ville.
« Au nom du préfet de la région du Tonkpi, préfet du département de Man, j’ai l’insigne honneur de procéder au lancement de cette phase de sensibilisation, mais surtout de répression de la mesure d’interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun », a déclaré M. Yocoli.
Il a appelé les services impliqués dans cette opération à veiller à l’application de la réglementation. « Il faut sensibiliser, c’est la phase préventive, mais en même temps aussi il faut réprimer lorsque les populations font l’effort de ne pas respecter les mesures édictées par le gouvernement pour leur propre bien », a-t-il indiqué, ajoutant que tous les contrevenants doivent être mis devant leurs responsabilités par l’application rigoureuse de la loi.

Selon l’économiste de la santé chargée de l’application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics au PNLTA, Konan Elodie, cette action découle du décret pris en 2012 pour protéger les populations contre l’exposition à la fumée du tabac et révisé en 2025 pour prendre en compte les nouveaux produits du tabac.
« Désormais, il est interdit de fumer en plus de la cigarette tous les nouveaux produits du tabac dans les lieux publics. Et aussi il est interdit d’aménager un espace fumeur dans tous les lieux publics », a-t-elle rappelé.
Elle a précisé que cette campagne se déroule simultanément dans plusieurs villes du pays, notamment Abidjan, Yamoussoukro, Korhogo et Bouaké.
Au cours de la soirée du vendredi, les équipes composées d’agents de santé et de policiers ont visité plusieurs maquis, bars, restaurants et autres lieux de rassemblement au centre-ville de Man ainsi que dans les quartiers Doytagouiné 1, Gbêpleu, Domoraud, Sari et Grand Gbapleu.
Les contrôles ont permis de constater plusieurs cas de non-respect de la réglementation. Des affiches du PNLTA interdisant la fumée dans les lieux publics ont été apposées dans des établissements qui n’en disposaient pas, tandis que quelques chichas ont été saisies au cours de l’opération.
Les agents ont également relevé plusieurs cas de récidive dans des espaces déjà visités lors de précédentes missions. Dans certains établissements, les affiches de sensibilisation installées auparavant avaient été retirées ou déchirées.
« Malgré toutes nos campagnes de sensibilisation, les affiches que nous avons apposées, ils se permettent de les retirer », a déploré Mme Konan.

Face à ces constats, elle a annoncé le renforcement des mesures de contrôle et de sanction. « La police désormais va passer à la phase répressive. Donc si on trouve un espace où tous les clients sont en train de consommer les produits du tabac, quel qu’en soit la qualité du produit, le tenancier sera sanctionné et donc, il y aura des saisies », a-t-elle averti.
Les propriétaires et gérants des établissements concernés ont été mis en demeure de faire respecter l’interdiction de fumer dans leurs espaces. En cas de récidive, des mesures pouvant conduire à l’interpellation des responsables et à la fermeture des lieux sont envisagées.
Mme Konan a par ailleurs invité les jeunes à renoncer à la consommation de chicha et de cigarettes électroniques.
Cette opération s’inscrit dans la continuité des actions menées à Man depuis février 2025 pour renforcer l’application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. À cette occasion, les autorités avaient rappelé aux responsables des établissements recevant du public leur obligation d’informer leur clientèle de cette interdiction.
Selon les résultats de l’Enquête démographique et de santé de 2021, le taux de consommation du tabac à Man est de 16 %, contre 12 % au niveau national. En Côte d’Ivoire, le tabagisme est responsable de plus de 5 000 décès chaque année, rappele-t-on.
(AIP)
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