Abidjan, 29 oct 2026 (AIP) – Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a appelé jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, à renforcer les investissements dans les infrastructures et l’aménagement urbain afin de faire des villes des moteurs de croissance économique et de création d’emplois, lors du lancement officiel du rapport phare de la Banque mondiale consacré à l’urbanisation en Afrique subsaharienne.
Intitulé « L’éveil urbain de l’Afrique subsaharienne, catalyser la croissance économique et la création d’emplois », ce rapport a été présenté à l’occasion d’une rencontre de haut niveau réunissant des membres du gouvernement, des élus locaux, des partenaires au développement et des représentants du secteur privé, autour des défis liés à l’expansion rapide des villes africaines.
Le chef du gouvernement a réaffirmé l’engagement de l’État ivoirien à faire de l’urbanisation un levier de développement, en mettant en avant plusieurs projets structurants, notamment le système de transport rapide par bus (BRT), le métro d’Abidjan, le pont de Loka, le franchissement du canal de Vridi et le projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Abidjan au nord du pays.
« Investir dans la construction et l’aménagement urbain constitue un puissant multiplicateur économique. Un franc investi dans le logement et l’aménagement urbain génère plus de quatre francs dans l’économie », a souligné M. Mambé, plaidant également pour une gouvernance urbaine renforcée et une mobilisation accrue des capitaux privés, tout en plaçant les populations au centre des politiques d’aménagement.
Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, a estimé que l’urbanisation ne devait plus être considérée comme une fatalité, mais comme une opportunité de développement à organiser.
« La planification urbaine n’est pas seulement un exercice réglementaire, elle constitue également un instrument de programmation des investissements et de maîtrise du coût futur de l’action publique », a-t-il expliqué, rappelant que le taux d’urbanisation de la Côte d’Ivoire est passé de 32 % en 1975 à plus de 55 % actuellement.

La directrice des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, Marie-Chantal Uwanyiligira, a, pour sa part, insisté sur l’urgence d’une planification urbaine anticipée et concertée.
« L’Afrique n’a pas un problème d’urbanisme, elle a un défi de production urbaine, et nous devons le relever aujourd’hui, ensemble », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de construire des villes capables de soutenir durablement l’activité économique et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Selon les données du rapport, la population urbaine d’Afrique subsaharienne est passée de 170 millions d’habitants en 1975 à 913 millions en 2025. Elle devrait atteindre 1,7 milliard en 2050, soit 748 millions de citadins supplémentaires.
Pour l’économiste en chef de la Banque mondiale et coauteur du rapport, Mark Roberts, cette évolution représente un enjeu majeur pour le développement du continent. « Aucun pays n’a jamais atteint le statut de pays à revenu élevé sans avoir également réussi sa transition urbaine », a-t-il affirmé.
(AIP)
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