Abidjan, 16 avr 2025 (AIP) – Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Coulibaly-Kuibiert Ibrahime, a apporté des précisions sur le processus de révision de la liste électorale (RLE), à l’occasion d’une réunion d’information et d’échanges tenue le mercredi 16 avril 2025 avec les représentants des confessions religieuses.
Au cœur des échanges, la controverse entourant l’impossibilité d’organiser la révision de la liste électorale avant l’élection présidentielle. Le président de la CEI a tenu à rétablir les faits. « Ce qui motive une révision, ce n’est pas une élection, mais les mutations intervenues dans le corps électoral », a-t-il souligné, citant le dernier alinéa de l’article 6 du code électoral.
Il a également rappelé que la mise à jour de la liste électorale relève d’un décret pris en Conseil des ministres, sur proposition de la CEI, conformément à l’article 11. « Nous avons clairement expliqué aux partis politiques que nous ferons la RLE, mais qu’il était matériellement et légalement impossible de la tenir avant la présidentielle. En revanche, elle pourra être organisée après. Il n’y a donc aucune violation de la loi, ni aucune volonté de manipulation », a-t-il assuré.
Le président de la CEI a par ailleurs dénoncé un manque de cohérence et de bonne foi de la part de certains acteurs politiques. « Le chronogramme des activités de la CEI n’a jamais été caché. Il a été communiqué dès le départ et même modifié à plusieurs reprises à leur demande », a-t-il rappelé, en évoquant les reports successifs de la révision électorale de juillet à octobre.
Abordant la question de l’audit de la liste électorale, Coulibaly-Kuibiert a évoqué une revendication ancienne, remontant à 2020, souvent fondée sur une contestation de la liste électorale issue des enrôlements de 2008-2009. Il a tenu à rappeler l’historique de cette liste, fruit d’un large consensus politique issu des accords de sortie de crise, notamment ceux de Marcoussis, Pretoria et Ouagadougou.
Il a détaillé les mesures mises en place à l’époque pour garantir la fiabilité de l’enrôlement, à savoir l’exigence de pièces justificatives spécifiques selon les profils des électeurs, y compris pour les personnes nées à l’étranger ou naturalisées, et des dispositions particulières pour les pétitionnaires ne connaissant pas les origines de leurs parents.
Devant les guides religieux réunis à l’espace Latrille Events, à Abidjan Cocody, le président de la CEI a appelé à une meilleure compréhension des textes légaux, à la responsabilité des acteurs politiques, et à la sérénité dans l’approche du processus électoral.

Entre autres réactions, l’Abbé Norbert Éric Abékan s’est rejoui de la tenue de cette rencontre qui lui a permis de rectifier et de clarifier certaines idées qu’il avait de la CEI, déplorant « le déficit de communication » qui cause souvent des incompréhensions.
De son côté, le président du Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques (COSIM), Cheick al Aïma Ousmane Diakité, a relevé l’incongruité de la présence des partis politiques dans le bureau de la Commission électorale indépendante, « alors qu’un parti politique est par essence et par excellence partisan ».
(AIP)
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