Abidjan, 10 juil 2026 (AIP) – Le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI), en partenariat avec le Réseau des Journalistes et professionnels de la communication pour la Paix et la Sécurité (RJPS), a lancé un plaidoyer en faveur de la domestication effective des instruments juridiques internationaux de contrôle des armes et des munitions ratifiés par la Côte d’Ivoire, à l’occasion de la Journée internationale de destruction des armes à feu célébrée ce jeudi 9 juillet.
Cette initiative, conduite avec l’appui technique du RASALAO-Régional et de l’International Action Network on Small Arms (IANSA), s’inscrit également dans le cadre de la Semaine mondiale d’action contre la violence armée prévue du 27 juillet au 2 août 2026, selon un communiqué transmis à l’AIP.
Selon les initiateurs, l’action consiste à actualiser le manifeste de plaidoyer élaboré en 2025, à le diffuser sur les réseaux sociaux et les plateformes professionnelles du 9 juillet au 10 août 2026, à le transmettre à une dizaine d’autorités gouvernementales et institutionnelles ainsi qu’aux médias afin de favoriser son appropriation.
Le RASALAO-CI rappelle que la Côte d’Ivoire est partie à plusieurs instruments juridiques internationaux relatifs au contrôle des armes, notamment l’Instrument international de traçage (IIT), la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel, la Convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre, le Traité sur le commerce des armes (TCA) ainsi que le Programme d’action des Nations unies sur les armes légères.
L’organisation relève que le pays a enregistré des avancées importantes dans ce domaine, notamment avec la création de la Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ComNat-ALPC) en 2009 et la mise en œuvre de plusieurs dispositions issues de ces instruments.
Toutefois, le manifeste souligne que le projet de loi portant régime général des armes, de leurs pièces, éléments, munitions et autres matériels connexes, inscrit en 2023 sur la feuille de route du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, n’a pas abouti et n’a pas été reconduit dans les programmes de réformes de 2024, 2025 et 2026.
Le RASALAO-CI et le RJPS exhortent, par conséquent, les autorités ivoiriennes à franchir une nouvelle étape en intégrant pleinement dans l’ordonnancement juridique national les dispositions des conventions internationales déjà ratifiées. Ils estiment qu’une telle réforme renforcerait le cadre légal de la lutte contre la prolifération et le trafic illicite des armes légères et des munitions.
Les organisations recommandent également l’actualisation des principaux textes nationaux régissant les armes et les munitions, notamment les décrets de 1999 et de 2012 ainsi que la loi de 1998 portant répression des infractions à la réglementation sur les armes, les munitions et les substances explosives.
Dans leur conclusion, les signataires du manifeste rappellent que la prolifération des armes légères, des mines antipersonnel et des restes explosifs de guerre constitue une menace pour les populations, le développement socio-économique et la sécurité nationale, régionale et continentale. Ils invitent l’État ivoirien à assurer l’application intégrale des engagements internationaux afin de mieux protéger les populations et de lutter efficacement contre le commerce illicite des armes.
(AIP)
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