Sassandra, 27 oct 2026 (AIP) – Les effectifs pléthoriques dans les établissements scolaires constituent un frein à la qualité des apprentissages et à l’application effective de l’Approche par compétences (APC), a estimé le président de l’Association autonome des parents d’élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (AAPEE-CI), Wahoué Dénis, lors d’un entretien accordé à l’AIP le 22 octobre 2026.
Ancien secrétaire général de la direction régionale de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation de San Pedro, de 2017 à 2024, M. Wahoué considère qu’une classe est pléthorique au-delà de 60 élèves au premier cycle du secondaire et de 40 élèves au second cycle.
Il a souligné que ces seuils sont établis depuis longtemps en Côte d’Ivoire, tandis que les classes comptant plus de 25 élèves sont considérées comme surchargées dans certains pays développés.
Le responsable de l’AAPEE-CI, une association fondée en 2018, observe que les effectifs réduits se retrouvent principalement dans les établissements d’excellence, alors que les écoles de proximité et de nombreuses structures scolaires des villes de l’intérieur sont confrontées à des classes surchargées. Abidjan n’échappe pas non plus à cette situation.
Selon lui, ces effectifs compliquent l’encadrement individuel des élèves et affectent les résultats scolaires. Ils rendent également difficile l’application de l’APC, une approche pédagogique qui place l’apprenant au centre de la construction de ses connaissances, notamment à travers des travaux de groupe et des échanges avec l’enseignant.
« L’APC place l’élève au centre de son apprentissage. Avec des supports pédagogiques, le professeur interroge les apprenants et le cours se bâtit à partir des réponses des élèves », a-t-il expliqué, soulignant les difficultés à mettre en œuvre cette démarche dans des classes de plus de 60 élèves.
Pour l’ancien responsable de l’administration scolaire, la construction de collèges de proximité et de lycées ne suffit pas à résoudre le problème, compte tenu de la croissance rapide des effectifs scolaires. Il appelle à des mesures complémentaires pour adapter les capacités d’accueil aux besoins des élèves.
Abordant la suppression des cours de renforcement payants dans les établissements scolaires, M. Wahoué estime que cette décision risque de pénaliser les familles défavorisées. Il relève que les ménages aisés peuvent recourir aux cours à domicile, contrairement aux familles nombreuses disposant de moyens limités.
Il préconise plutôt un encadrement de ces cours, en concertation avec les différents acteurs du système éducatif, afin de garantir un meilleur accès au soutien scolaire.
Concernant la revendication syndicale relative à une prime d’incitation des enseignants, le président de l’AAPEE-CI juge cette demande légitime au regard de la contribution des enseignants à la formation des futurs cadres du pays. Il dit espérer une issue favorable aux discussions entre le gouvernement et les syndicats pour apaiser les tensions dans le secteur éducatif.
(AIP)
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