Niakara, 29 août 2026 (AIP)- Les populations de plusieurs localités du département de Niakara, dans le Centre-nord, appellent l’État à renforcer la lutte contre l’orpaillage illégal, notamment dans les forêts classées, en mettant davantage l’accent sur les enquêtes judiciaires et les poursuites contre les commanditaires et leurs éventuels complices.
Interrogés par l’AIP, vendredi 28 août 2026, des habitants de Loho, Kiohan, Kafiné et Pétionara estiment que les opérations de destruction des installations de fortune, de saisie ou de destruction de matériels et d’interpellation des orpailleurs ne suffisent pas à éradiquer durablement le phénomène.
« Du fait de la corruption à grande échelle, le patrimoine forestier appartenant à l’État est toujours exposé à la prédation des individus sans foi ni loi », a déploré Thomas Ouattara Dofangui, 40 ans, agriculteur à Loho, village situé à proximité d’une forêt classée, à 18 kilomètres à l’est de Niakara.
Selon plusieurs habitants, certains sites dégagés à la suite des opérations de lutte feraient l’objet de nouvelles installations clandestines, réduisant ainsi, selon eux, la portée des interventions menées sur le terrain.
« Il faut des enquêtes judiciaires en vue de mettre la main sur les vrais commanditaires de ce fléau et leurs complices à tous les niveaux de responsabilité », a préconisé Thérèse Camara, 29 ans, habitante de Kafiné.
Pour ces populations, la lutte devrait donc s’étendre au-delà des interventions ponctuelles sur les sites et porter également sur les circuits présumés de financement, d’organisation et de protection de l’activité. Elles souhaitent que les investigations permettent d’identifier les éventuels responsables et que les personnes reconnues coupables soient sanctionnées conformément à la loi.
Les habitants préconisent également un suivi régulier des sites libérés après les opérations de déguerpissement ou de destruction, afin de prévenir leur réoccupation et de préserver les acquis des interventions.
Ils proposent, en outre, le développement d’activités économiques alternatives au profit des populations riveraines, notamment dans l’agriculture, l’élevage, la pisciculture et les activités génératrices de revenus, afin de réduire l’attractivité économique de l’orpaillage clandestin, particulièrement auprès des jeunes.
(AIP)
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