Abidjan, 29 oct 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire renforce son dispositif de prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC), à travers la création d’unités neurovasculaires, la formation de médecins aux traitements d’urgence et le développement de solutions numériques, dont l’application VITE portée par l’ONG AVC Espoir.
Ces mesures ont été présentées jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan par le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre Dimba, lors de la 7e édition des Journées nationales de lutte contre les AVC, organisée par l’ONG AVC espoir autour du thème « Chaque minute compte face à l’AVC : sauvons des vies».
« Chaque minute qui s’écoule sans prise en charge, ce sont des millions de neurones qui meurent », a déclaré M. Dimba, soulignant l’importance d’une intervention rapide pour limiter les conséquences de cette pathologie.
Selon le ministre, les services de neurologie enregistrent plus de 15.000 cas d’AVC par an en Côte d’Ivoire, dont environ 30% concernent des personnes de moins de 35 ans. Les AVC constituent la première cause de handicap acquis chez l’adulte dans le pays, la deuxième cause de mortalité et la troisième cause de démence.
Pour améliorer le diagnostic et réduire les délais d’intervention, des unités neurovasculaires ont été mises en place aux centres hospitaliers universitaires (CHU) de Cocody (Abidjan) et de Bouaké. Leur extension à d’autres établissements est annoncée. Les hôpitaux d’urgence sont également équipés de scanners.
Plus de 200 médecins généralistes ont, par ailleurs, été formés à la thrombolyse, un traitement destiné à dissoudre le caillot responsable de certains AVC ischémiques, lorsqu’il est administré dans les délais médicaux appropriés.
L’action publique porte également sur la prévention, notamment par le dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète, deux facteurs de risque majeurs. Certains antihypertenseurs essentiels sont gratuits dans les hôpitaux publics, tandis que ces deux pathologies sont intégrées depuis 2023 au panier de soins de la Couverture maladie universelle (CMU).
Le président du conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), Kramo Kouassi, a salué ces dispositions qui contribuent à réduire les obstacles financiers au suivi médical et à la prévention.

En complément de ces mesures, l’ONG AVC Espoir mise sur le numérique avec l’application mobile VITE, présentée par sa présidente, Chantal Zahui. Développée avec l’appui de bénévoles, elle vise à aider les utilisateurs à reconnaître les principaux signes d’un AVC et à les orienter vers des établissements capables d’assurer une prise en charge en phase aiguë.
« Cet outil accessible et intuitif permet à chacun de reconnaître immédiatement les signes d’alerte et de déclencher les secours en cinq secondes », a expliqué Mme Zahui.
L’application devrait également intégrer une fonction d’alerte tenant compte de la localisation de l’utilisateur et fonctionner sans connexion internet après son téléchargement. Sa disponibilité sur Play Store est prévue après sa présentation officielle.
Tout en saluant l’introduction de la thrombolyse aux CHU de Cocody et de Bouaké, la présidente de l’ONG a plaidé pour le renforcement des capacités d’accueil des services neurovasculaires et un financement durable de la filière AVC, afin de garantir la disponibilité continue des traitements.
La rencontre a également été marquée par des séances de dépistage du diabète et de l’hypertension artérielle, ainsi que par des conseils de prévention.
(AIP)
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