Duékoué, 23 juil 2026 (AIP)- Le superviseur régional de l’Observatoire du service public (OSEP) du Guémon, Félix Amenan, a relevé le faible taux d’utilisation des canaux de saisine de cette structure par les populations pour formuler leurs préoccupations relatives à la qualité des services publics dans la région.
Selon lui, environ 200 usagers seulement ont sollicité les services de l’OSEP dans le Guémon sur un objectif annuel de 1 000 personnes attendues, soit un taux de réalisation de 20%.
Il a livré cette information mercredi 22 juillet 2026 à Duékoué, au cours d’un entretien accordé à l’AIP à l’issue des Journées nationales du service public (JNSP), organisées du 23 au 26 juin dans la localité.
Créé initialement par le décret n°2017-83 du 8 février 2017, puis réformé par le décret n°2019-1100 du 18 décembre 2019 fixant ses attributions, son organisation et son fonctionnement, l’OSEP a pour mission de recueillir les plaintes, avis, suggestions, réclamations, observations et motions des usagers afin de permettre à l’État d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations exprimées.
À cet effet, l’institution met à la disposition des usagers plusieurs canaux de saisine, notamment la plateforme numérique Milie via le site www.milie.ci, les numéros verts 80000007 et 2722409898, les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, X, TikTok et WhatsApp), ainsi que l’application mobile Milie disponible sur les plateformes de téléchargement.
Pour Félix Amenan, l’OSEP constitue un outil de veille, d’évaluation et d’alerte permettant d’améliorer la qualité du service public. Il offre aux citoyens la possibilité de signaler les dysfonctionnements constatés dans les administrations, mais également de formuler des avis, des suggestions ou des encouragements en faveur des bonnes pratiques.
Toutefois, malgré les actions de sensibilisation menées auprès des administrations, des populations et des acteurs du service public, l’utilisation de ces différents mécanismes demeure insuffisante dans le Guémon.
« Les populations n’utilisent pas suffisamment nos canaux de saisine pour exprimer leurs préoccupations et leurs ressentis sur la qualité du service public », a déploré le superviseur régional.
Il a expliqué cette situation par plusieurs facteurs, notamment la réticence de certains usagers qui craignent des représailles après avoir formulé des dénonciations, l’insuffisance des moyens logistiques pour assurer une couverture optimale de la région et le refus de certains citoyens de passer à l’action malgré les dysfonctionnements qu’ils constatent.
« Certains usagers sont prêts à dénoncer les problèmes rencontrés dans les services publics, mais hésitent encore à utiliser les canaux officiels mis à leur disposition », a-t-il relevé.
Pour améliorer la visibilité et l’efficacité de l’OSEP dans le Guémon, Félix Amenan a plaidé pour une implication accrue du corps préfectoral, des directeurs et chefs de services des administrations publiques et privées, des leaders communautaires et religieux, ainsi que des responsables d’associations de jeunes et de femmes.
« Nous encourageons toutes les personnes physiques et morales capables de donner des avis et des suggestions à contribuer à l’amélioration continue de la qualité du service public », a-t-il indiqué.
Le superviseur régional a également invité les populations à s’approprier les outils de l’OSEP pour signaler les cas de corruption, les manquements aux procédures administratives, les faits de société et toutes les situations susceptibles d’entraver le bon fonctionnement des services publics.
Il a, par ailleurs, exhorté les agents prestataires de services publics à respecter scrupuleusement les procédures administratives afin d’offrir un service de qualité aux usagers.
« Un dysfonctionnement corrigé profite à tous et peut contribuer à sauver des vies. Engageons-nous à rendre notre administration plus crédible, responsable et humaine, pour la fierté de notre pays et de notre région », a conclu Félix Amenan.
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