Abidjan, 30 juil 2026 (AIP) – Le gouvernement du Canada et l’ONG IMPACT ont procédé, jeudi 30 juillet 2026 à Abidjan, au lancement officiel du projet « Fondations pour la Cohésion – Mines artisanales et résilience communautaire en Côte d’Ivoire », doté d’un financement de trois millions de dollars canadiens (environ 1,3 milliard de francs CFA).
S’étendant sur une durée de deux ans (mars 2026 – février 2028), cette initiative pilote vise à encadrer 14 sites miniers artisanaux et près de 1 000 exploitants dans les régions frontalières du Bounkani (Bouna) et du Hambol (Dabakala), fortement exposées aux défis de la sous-région.
Représentant le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, la directrice de l’exploitation minière, semi-industrielle, artisanale et des carrières (DEMSIAC), Kouadio Solange épouse N’Gonian, a salué une initiative qui s’inscrit dans la nouvelle stratégie nationale de mise en conformité de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE).
« Cette nouvelle phase de formalisation place la communauté au cœur du dispositif et adresse l’épineuse problématique de l’impact socio-économique de ce secteur en milieu rural », a-t-elle souligné, rappelant la priorité donnée par l’État à la lutte contre l’informalité et les circuits illicites de commercialisation de l’or.
Pour l’ambassadrice du Canada en Côte d’Ivoire, Sandra Choufani, l’assainissement du secteur répond à un enjeu à la fois économique et sécuritaire.
« Lorsqu’une partie de la production aurifère échappe au circuit formel, l’État se voit privé d’importantes recettes fiscales. En renforçant la traçabilité des chaînes d’approvisionnement et l’accès des exploitants à des marchés légitimes, cette initiative contribue non seulement au développement économique local, mais aussi aux efforts plus larges de stabilité et de sécurité dans la région », a précisé la diplomate.
L’un des piliers novateurs du projet repose sur l’inclusion financière des femmes à travers la création d’Associations de valorisation de l’entraide communautaire (AVEC). Selon la gestionnaire du projet chez IMPACT, Koné Gnanagnon, l’objectif est d’accroître le pouvoir décisionnel et le leadership des femmes souvent marginalisées dans les zones minières.

La coordonnatrice d’IMPACT pour l’Afrique de l’Ouest, Floriane Prévert, a pour sa part indiqué que, ce projet expérimental pose les jalons d’initiatives de plus grande envergure en Côte d’Ivoire et dans la sous-région ouest-africaine.
Le projet s’articule autour de trois axes principaux, notamment la sensibilisation au cadre réglementaire et environnemental, la conformité fiscale des acteurs, et l’autonomisation socio-économique des femmes minières.
L’exploitation minière artisanale aurifère contribue de manière significative à l’économie ivoirienne, la production nationale étant estimée entre 30 et 40 tonnes par an. Portant, une grande partie de cette activité demeure informelle. Cela limite l’accès aux financements et aux marchés équitables ainsi qu’à la protection du cadre législatif, notamment pour les travailleurs et l’environnement.
L’inconformité de certaines exploitations minières crée des opportunités pour le commerce illicite, ce qui affecte les recettes nationales, ainsi que le bénéfice et la sécurité des communautés.
(AIP)
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