Abidjan, 31 juil 2026 (AIP)- La ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, Myss Belmonde Dogo a appelé, jeudi 30 juillet 2026 à Abidjan, à la mobilisation de tous les acteurs de la société pour lutter contre la traite des personnes, un phénomène de plus en plus alimenté par les escroqueries en ligne et les nouvelles technologies.
A l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes, célébrée cette année autour du thème « Pris au piège de l’escroquerie », la ministre a souligné que les réseaux criminels exploitent désormais les plateformes numériques pour attirer leurs victimes à travers de fausses offres d’emploi, de prétendues opportunités de voyage, des promesses de formation ou d’autres annonces trompeuses.
« La traite des personnes constitue une grave violation des droits humains. Elle porte atteinte à ce que l’humanité a de plus sacré et dépossède ses victimes de leur liberté, de leur sécurité et de leur avenir », a-t-elle déclaré.
Selon Belmonde Dogo, les trafiquants tirent profit de la pauvreté, des inégalités sociales, des déplacements forcés et de l’anonymat offert par les technologies numériques pour recruter et exploiter des femmes, des hommes et des enfants, soumis ensuite au travail forcé, à l’exploitation sexuelle, à la mendicité forcée ou à d’autres formes d’esclavage moderne.
La ministre a souligné que sous l’impulsion du président de la République, Alassane Ouattara, la lutte contre la traite des personnes constitue une priorité nationale, intégrée au Programme d’investissement public ainsi qu’au Plan national de développement 2026-2030.
Elle a mis en avant les avancées enregistrées par la Côte d’Ivoire, notamment le renforcement du cadre juridique et institutionnel, le développement des mécanismes de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs, ainsi que l’intensification de la coopération avec les partenaires nationaux et internationaux.
Tout en saluant l’engagement des administrations publiques, des forces de défense et de sécurité, de la justice, des organisations internationales, de la société civile et des communautés locales, Belmonde Dogo a rendu un hommage particulier aux survivants qui acceptent de témoigner afin de briser le silence entourant ce crime.
Face à l’évolution des méthodes des trafiquants, elle a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation aux risques numériques, les capacités d’enquête en matière de cybercriminalité liée à la traite et la vigilance collective face aux recrutements frauduleux en ligne.
La ministre a également lancé un appel aux familles, aux communautés, aux médias, aux entreprises du numérique, aux jeunes et à l’ensemble des citoyens afin que chacun contribue à prévenir et signaler les situations suspectes.
Réaffirmant l’engagement de l’État à protéger les victimes, elle a assuré que la Côte d’Ivoire poursuivra le renforcement des mécanismes d’identification, de prise en charge, de réinsertion et de protection des personnes victimes de traite, tout en intensifiant la lutte contre les trafiquants et leurs complices.
« Refusons l’indifférence. Combattons la tromperie. Dénonçons l’exploitation. Ensemble, faisons reculer la traite des personnes », a conclu Myss Belmonde Dogo.
Selon la loi n° 2016-1111 du 08 décembre 2016 relative à la lutte contre la traite des personnes, la traite des personnes est punie d’un emprisonnement de 10 à 20 ans et une amande de 10.000.000 à 50.000.000 FCFA.
(AIP)
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