Tiébissou, 04 sept 2026 (AIP) – Le maire de Tiébissou, Brou N’gauran Vincent, et plusieurs habitants de la localité ont exprimé leur préoccupation face aux risques de pollution des cours d’eau et des produits halieutiques liés aux activités d’orpaillage dans le département.
Cette inquiétude a été exprimée le 26 août 2026, lors d’une concertation initiée par le préfet de Tiébissou, Gouassiro Ernest Mathieu, à la préfecture, en prélude aux assises nationales envisagées par l’État pour renforcer le dispositif de lutte contre l’orpaillage illégal.
Au cours des échanges, le maire Brou N’gauran Vincent a notamment interpellé les services des Mines sur l’utilisation du mercure dans certaines activités d’exploitation aurifère et ses éventuelles conséquences sur la qualité des eaux.
« Monsieur le directeur régional des Mines, vous avez parlé d’orpaillage légal et illégal, mais l’utilisation de produits comme le mercure nous met tous en danger. Je me demande comment vous encadrez les orpailleurs légaux. Ici, nous avons le Kan qui vient du Nord et traverse Tiébissou. Nous sommes tous en danger en consommant les poissons qui sont pêchés dans le Bandama et le Kan », a-t-il déclaré.
Il a préconisé que « seul l’orpaillage industriel soit autorisé », estimant qu’un tel dispositif permettrait, selon lui, de renforcer le contrôle des activités d’exploitation de l’or.
Le député de Tiébissou, Yao Konan Albert, a également fait état de préoccupations relatives à la qualité des eaux. Il a indiqué que des tests réalisés récemment dans le fleuve Bandama, dans le cadre d’un projet aquacole, auraient révélé la présence de métaux lourds.
Selon l’élu, ces résultats constituent un sujet de préoccupation pour la santé des populations qui utilisent les ressources des cours d’eau concernés pour leur consommation et leurs activités de pêche.
Plusieurs participants ont par ailleurs signalé la pratique simultanée de la pêche et de l’orpaillage clandestin par des populations riveraines du Bandama et d’Aman-Salékro, dans le département de Tiébissou.
L’approvisionnement de Tiébissou en eau potable, assuré par la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI), s’effectue notamment à partir du Kan, un cours d’eau appartenant au bassin versant du Bandama. Cette situation renforce les préoccupations exprimées par les populations face aux risques potentiels de contamination liés aux activités minières.
Le Kan est un affluent du N’Zi, lequel se jette dans le Bandama. Des participants ont également fait état d’activités d’orpaillage dans certaines zones du bassin, appelant à une meilleure protection de l’ensemble des cours d’eau concernés.
À l’instar des élus locaux, plusieurs participants ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences potentielles de la pollution des eaux sur leur santé et celle des générations futures. Ils ont appelé à une lutte contre l’orpaillage illégal qui, selon eux, ne devrait pas se limiter aux personnes opérant directement sur les sites, mais également viser les personnes qui organisent ou financent présumément ces activités.
La concertation de Tiébissou s’inscrit dans la perspective des assises nationales annoncées par l’État pour examiner les conséquences socio-économiques, sanitaires et environnementales de l’orpaillage illégal et renforcer les mécanismes de lutte contre ce phénomène.
(AIP)
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