Bondoukou, 03 sept 2026 (AIP) – Le dispensaire rural de Yérékaye-Oualogo (département de Bondoukou) peine à assurer correctement la prise en charge sanitaire des populations en raison d’un déficit en lits d’hospitalisation, en équipements médicaux et en personnel, alors qu’il dessert le village et plusieurs campements environnants, soit une population estimée entre 5 500 et 6 000 habitants.
Construit grâce à la mobilisation des populations et des cadres de Yérékaye-Oualogo, puis achevé avec l’appui d’un fils du village, Adou Koffi Théodore, le dispensaire ne dispose actuellement que d’un seul lit d’hospitalisation.
« Quand il y a beaucoup de malades, on nous demande d’aller chercher des nattes à la maison. Les malades sont alors pris en charge sur des nattes parce qu’il n’y a pas suffisamment de lits », a témoigné un fils du village.
Le centre ne dispose par ailleurs pas de maternité. Les accouchements sont réalisés au sein de l’infirmerie par le seul infirmier en poste, avec des moyens limités.
Cette insuffisance oblige les femmes enceintes à se rendre dans les centres de santé de Laoudiba ou de Yézimala, situés à plus de 25 kilomètres.
À cette difficulté, s’ajoute l’état dégradé des voies d’accès à la localité. Les évacuations sanitaires se font souvent à bord de motos ou de tricycles, sur des routes particulièrement difficiles à pratiquer, notamment en saison des pluies.
« Elles sont obligées d’aller loin sur de mauvaises routes, à bord de tricycles ou de motos », a relevé Timbé Koffi Thomas, un fils du village qui déplore les risques encourus par les femmes enceintes et les malades.
Selon lui, des femmes enceintes ont déjà rencontré des complications au cours de leur déplacement vers les centres de santé environnants. « Imaginez une femme enceinte à terme qu’on transporte sur une moto ou dans un tricycle sur une voie impraticable. Cela peut provoquer des accouchements en cours de route et d’autres complications. »
Le déficit en personnel constitue également une préoccupation majeure. Le dispensaire fonctionne actuellement avec un seul infirmier et un aide-soignant. « C’est le seul centre de santé de la zone. Nous avons un seul infirmier et un seul aide-soignant pour prendre en charge toute cette population », a expliqué Timbé Koffi Thomas.
Face à cette situation, les populations affirment avoir saisi les autorités sanitaires afin d’obtenir le renforcement du personnel et l’équipement du dispensaire. Elles saluent notamment les efforts du directeur départemental de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie de Bondoukou, Dr Mangoua Hervé-Gérard, qui a permis l’affectation de l’infirmier actuellement en poste.
« Nous avons besoin de matériel et de personnel. Il faut notamment davantage d’aides-soignants et d’autres agents pour que le centre puisse fonctionner normalement », a plaidé M. Timbé.
La construction du dispensaire remonte aux années 1990. Le projet, initié et financé progressivement par les populations et les cadres du village, a connu plusieurs interruptions en raison de difficultés financières avant d’être achevé grâce à l’intervention du député Adou Koffi Théodore.
« Depuis la création du village, il n’y avait jamais eu de dispensaire. Nos parents ont commencé le projet dans les années 1990, mais les difficultés financières ont longtemps empêché son achèvement », a rappelé Timbé Koffi.

Pour les populations, la construction de cette infrastructure constitue une avancée importante, mais son fonctionnement nécessite désormais un accompagnement conséquent de l’État.
« Nous avons un gros pincement au cœur de voir des malades se coucher sur des nattes pour être soignés. Nous avons construit ce centre, maintenant nous demandons qu’il soit équipé et doté du personnel nécessaire », a-t-il plaidé.
Les habitants sollicitent ainsi l’équipement complet du dispensaire, l’acquisition de lits d’hospitalisation et de matériels médicaux, la mise en place d’une maternité équipée ainsi que le renforcement du personnel de santé.
Ils appellent également à l’amélioration des voies d’accès à Yérékaye-Oualogo, estimant que le désenclavement de la localité contribuerait à faciliter les évacuations sanitaires et à améliorer l’accès aux soins.
Ouvert en avril 2026, le dispensaire rural de Yérékayé-Oualogo devrait être officiellement inauguré au cours du mois d’octobre, selon les informations communiquées aux populations.
(AIP)
nmfa/cmas

