Divo, 02 sept 2025 (AIP) – L’ONG Cercle des alliances interethniques de Côte d’Ivoire (CAIE-CI) a organisé, samedi 30 août 2025, à la préfecture de Divo, une journée dédiée aux « alliances interethniques et leur impact sur les élections en Côte d’Ivoire », afin de proposer ce lien intercommunautaire, tissé par l’histoire des peuples et la tradition, comme une barrière à la violence physique en cette période d’élection présidentielle.
La rencontre a eu lieu en présence du représentant de la direction régionale de la Culture et de la Francophonie du Lôh-Djiboua et la participation de chefs traditionnels de Divo, de chefs de communauté et de membres de l’ONG CAIE-CI venus d’autres régions du pays.
Le président fondateur du CAIE-CI, Djeli Luc Kédi, a relevé que, même si la pratique est moins valorisée de nos jours, les alliances interethniques ne sont pas dépassées, car elles ont fait leurs preuves dans le passé et continuent de réguler les relations intercommunautaires entre alliés.
« Il faut que nous nous appuyions sur ces alliances pour éviter la violence à l’occasion de la présidentielle et même dans notre quotidien, parce que l’alliance à plaisanterie interdit de verser le sang, de tuer son allié », a soutenu M. Kédi.

Une conférence sur le thème de la journée a été animée par le professeur titulaire de sociologie économique à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, Dali Serges Lida. Selon le conférencier, ces alliances peuvent être utilisées comme « des canaux de sensibilisation culturelle », afin qu’elles imprègnent toute la société. Il a soutenu que lorsque les populations parviendront à se reconnaître à travers la nation et à avoir un lien sacré avec elle, les conflits politiques et tous les autres pourront se régler sans violence physique.
« Ce qui nous lie doit être la nation, non l’ethnie, non l’individu. La meilleure forme d’alliance à former est l’alliance autour de la nation. Les parentés à plaisanterie dans lesquelles nous sommes peuvent être un opérateur de fabrication d’une alliance autour de la nation », a déclaré le conférencier.
Le Pr Dali Serges Lida a cependant relevé que la réussite de cette vision de l’alliance autour de la nation implique la promotion des valeurs humaines de solidarité et de partage dans la société, à la place de « la rationalité économique, à savoir la recherche du gain ». Selon le conférencier, le lien social est aujourd’hui fragilisé par cette quête effrénée de gain, de la richesse que la politique aide à acquérir. Un travail d’éducation, de sensibilisation reste nécessaire pour changer cette réalité, a souligné l’universitaire.
Créée depuis le 27 juillet 1996 à Mankono, le CAIE-CI est représenté dans plusieurs régions de Côte d’Ivoire. Il veut être un outil de paix à la disposition des chefs traditionnels, un outil de promotion et de revalorisation des traditions africaines. L’ONG a lancé au mois de juillet 2023 un appel au gouvernement pour « l’instauration d’une journée nationale des alliances interethniques ».
(AIP)
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