Sassandra, 25 sept 2026 (AIP) – De nombreux élèves des établissements secondaires de Sassandra parcourent quotidiennement plusieurs kilomètres à pied ou à bord de moyens de transport de fortune pour rejoindre leurs établissements, une situation liée notamment à l’absence d’établissements de proximité dans certains villages environnants, a constaté l’AIP, jeudi 24 septembre 2026.
À Siapao, village situé à environ six kilomètres de Sassandra, une dizaine d’élèves ont été aperçus à pied sur la route menant à la ville. Parmi eux, Nafissatou Kaboré, élève en classe de Terminale A2-2 au collège privé MUFAS, qui effectue ce trajet aller-retour depuis plus de cinq ans, les jours de cours comme lors des séances de renforcement organisées certains jours non ouvrables.
« Rarement, j’emprunte les taxis communaux parce que le transport coûte entre 200 et 300 FCFA », explique-t-elle, précisant que la marche constitue pour elle et plusieurs de ses camarades le principal moyen de rallier leur établissement.
Ces élèves doivent composer avec la circulation des poids lourds, des motocyclistes, les fortes chaleurs et les pluies, tout en veillant à arriver à l’heure en classe. Ils fréquentent aussi bien des établissements publics que privés de Sassandra et souhaitent l’ouverture d’un collège de proximité à Siapao, qui pourrait évoluer ultérieurement en lycée.
Plus loin, des élèves en provenance du carrefour Sassandra, situé sur l’axe reliant la ville à San Pedro et Abidjan, se rendent également en ville pour leurs cours. Pour être à l’heure aux premières heures de la journée, certains réduisent leur temps de sommeil et ont recours à l’auto-stop, notamment à bord de motos ou de véhicules particuliers.
Une ancienne élève du lycée moderne Goffry Kouassi Raymond, aujourd’hui étudiante à Abidjan, évoque également les difficultés sociales auxquelles certaines jeunes filles sont exposées sur les trajets. Elle rapporte que des élèves de son époque avaient été confrontées à des grossesses précoces après des relations avec des jeunes disposant de motos ou de véhicules.
Elle relève également les difficultés alimentaires de certaines élèves, susceptibles, selon elle, de les exposer à des propositions de nature sexuelle de la part de certains acteurs du secteur informel en échange d’une aide financière ou alimentaire.
Des élèves dès l’aube devant le conseil régional du Gboklè
Le lendemain, dès 5h30, des élèves venus de Léblego, Gnézego, Drewin et Bassa, des villages situés à plus d’une dizaine de kilomètres de Sassandra, ont été retrouvés devant le siège du conseil régional du Gboklè, au quartier 17 Villas.
Certains arrivent à pied, d’autres empruntent des taxis-brousse souvent surchargés ou des tricycles, tandis que quelques-uns sollicitent l’aide de passants pour poursuivre leur trajet vers les établissements scolaires. Le retour s’effectue dans les mêmes conditions.
Les élèves de Grihiri, chef-lieu de sous-préfecture du département de Sassandra, rencontrent également des difficultés. Depuis l’ouverture du collège de proximité de cette localité, les candidats au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) doivent se rendre à Sassandra pour composer.
Les parents plaident ainsi pour l’ouverture d’un centre annexe de composition du BEPC et du baccalauréat à Grihiri, distante de 108 km de Sassandra, afin de réduire les frais et les contraintes liés au déplacement et au séjour des candidats.
Des enseignants aussi contraints à la navette
La problématique du déplacement ne concerne pas uniquement les élèves. Plusieurs enseignants affectés à Sassandra résident dans les villages environnants et rallient leur lieu de service à moto tôt le matin avant de regagner leur famille après les cours.
Selon certains d’entre eux, le coût élevé des logements et des denrées alimentaires en ville les pousse à résider hors de Sassandra. Ils souhaitent une meilleure régulation des prix des logements afin de pouvoir se rapprocher de leur lieu de travail.
En attendant, élèves et enseignants continuent de parcourir quotidiennement plusieurs kilomètres pour rejoindre leurs établissements et assurer, chacun à son niveau, la continuité de l’enseignement et de l’apprentissage.
(AIP)
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