Tengrela, 30 oct 2026 (AIP) – Une enseignante de l’Inspection de l’enseignement préscolaire et primaire (IEPP) de Bouaké N’Gattakro, Ouattara Salamata Diabagaté, a obtenu le grade de docteur en Littérature générale et comparée, avec la mention « très honorable », à l’issue de la soutenance d’une thèse consacrée à la représentation littéraire du terrorisme.
La soutenance s’est tenue vendredi 30 octobre 2026 à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, autour du thème « La représentation littéraire du terrorisme : poétique et enjeux du discours ».
Dans ses travaux, la chercheuse analyse les mécanismes narratifs et les enjeux sociaux, politiques et mémoriels de la fiction consacrée à la violence terroriste. Elle entend notamment montrer comment la littérature contemporaine, en particulier celle produite dans les espaces périphériques, contribue à une compréhension plus nuancée de ce phénomène, au-delà des représentations médiatiques et politiques.
« À travers cette recherche, je montre comment la littérature contemporaine […] contribue à une meilleure compréhension du phénomène terroriste, au-delà des représentations médiatiques et politiques souvent réductrices », a-t-elle expliqué.
Son corpus est constitué de huit romans abordant le terrorisme dans différents espaces géographiques, notamment en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient. Pour les analyser, elle a mobilisé plusieurs approches théoriques et méthodologiques, dont les études postcoloniales, l’orientalisme, la déconstruction, la sociocritique, l’imagologie et la narratologie.
Les résultats mettent en évidence le rôle de la littérature comme contre-discours face aux représentations stéréotypées du terrorisme. Selon la nouvelle docteure, des procédés tels que la polyphonie, la fragmentation du récit et la focalisation interne permettent de restituer la complexité des expériences humaines liées à cette violence.
Elle relève également que les œuvres étudiées interrogent les fractures historiques, les inégalités sociales, les héritages coloniaux et les rapports de pouvoir susceptibles d’alimenter les conflits.
Pour la suite de ses recherches, Dr Diabagaté envisage d’élargir son corpus aux littératures anglophones et arabophones non francophones, ainsi que d’approfondir l’étude de la représentation des femmes dans les récits sur le terrorisme.
Le jury était présidé par le professeur Coulibaly Amara. Le directeur de recherche, le professeur Jean Francis Ékoungoun, a salué la détermination de l’impétrante et la qualité de son travail. Il a indiqué qu’elle était la première de ses étudiantes à soutenir une thèse de doctorat, portant à sept le nombre de docteurs formés sous sa direction, dont quatre sont enseignants-chercheurs dans des universités.
(AIP)
kdk/cmas

