Bouaké, 24 juil 2026 (AIP)- Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de santé de la mère et de l’enfant (PNSME), a procédé, jeudi 23 juillet 2026, à la mise en service officielle de trois nouvelles unités de soins mère kangourou (SMK) au profit de l’Établissement public hospitalier régional (EPHR) de Bouaké, du Centre de santé urbain (CSU) de Bouaké-Nimbo et de l’Établissement public hospitalier départemental (EPHD) de Niakaramandougou, au cours d’une cérémonie organisée à l’EPHR de Bouaké.
Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre du passage à l’échelle de la stratégie nationale des soins mère kangourou, mise en œuvre par le ministère à travers le PNSME avec l’appui technique et financier du Fonds Muskoka, de l’Agence française de développement (AFD) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).
Elle a été marquée par l’inauguration officielle de l’unité de soins mère kangourou de l’EPHR de Bouaké, la remise symbolique des équipements destinés aux unités du CSU de Bouaké-Nimbo et de l’EPHD de Niakaramandougou, ainsi que par la remise d’outils nationaux de sensibilisation aux responsables des trois établissements sanitaires.
Avec l’ouverture des unités de l’EPHR de Bouaké et du CSU de Bouaké-Nimbo, la ville de Bouaké compte désormais cinq unités de soins mère kangourou, après celles du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké, de la maternité de Koko et de la maternité de Belleville.
À ce jour, la Côte d’Ivoire dispose d’un Centre national de référence de prise en charge et de formation en soins mère kangourou à vocation sous-régionale pour les pays francophones, basé au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville, ainsi que de 25 unités SMK réparties sur l’ensemble du territoire national.
Les unités de soins mère kangourou sont destinées à la prise en charge des nouveau-nés prématurés ou présentant un faible poids à la naissance, c’est-à-dire inférieur à 2 500 grammes. Elles reposent sur une méthode de soins qui privilégie le contact permanent peau à peau entre le bébé et sa mère, ou une personne de remplacement, associé à l’allaitement maternel exclusif.
Selon la pédiatre spécialiste de la méthode de soins mère kangourou et responsable de l’unité SMK du CHU de Treichville, Dr Roseline Somé-Méazieu, cette approche constitue une alternative à la couveuse pour les nouveau-nés qui ne sont pas malades mais dont le poids est insuffisant.
« Les soins mère kangourou humanisent la prise en charge des nouveau-nés de faible poids. La mère remplace la couveuse en procurant la chaleur nécessaire à son enfant grâce au contact peau à peau. Elle apprend également à nourrir son bébé, à reconnaître ses besoins et à participer activement à sa prise en charge. Contrairement à la couveuse, où une séparation existe entre la mère et son enfant, cette méthode favorise le lien mère-enfant et permet une sortie plus précoce de l’hôpital, avec un suivi rapproché », a-t-elle expliqué.
Elle a précisé que cette méthode contribue à réduire la durée d’hospitalisation tout en renforçant l’implication des parents dans les soins apportés au nouveau-né.

Depuis 2019, l’UNICEF accompagne le ministère de la Santé dans la mise en œuvre de cette stratégie par un appui technique et financier. Les résultats enregistrés témoignent de son efficacité dans la réduction de la mortalité néonatale.
Selon les données présentées au cours de la cérémonie, 7 053 nouveau-nés sur les 7 741 admis dans les 22 premières unités de soins mère kangourou installées entre 2019 et 2025 ont survécu, soit un taux de survie de 91 %.
Le directeur régional de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle de Gbêkê, Dr Aboubakary Coulibaly, a salué l’extension du réseau des unités SMK, estimant que leur mise en service contribuera au renforcement de la qualité de la prise en charge des prématurés et des nouveau-nés de faible poids dans la région.
Le représentant du représentant résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Kouamé Étienne, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les autorités sanitaires ivoiriennes dans les actions visant à améliorer la survie des nouveau-nés et la santé maternelle.
Présidant la cérémonie, le sous-préfet central de Bouaké, Detto Marcelin Kouassi, a salué les efforts consentis par le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers en faveur du renforcement du système de santé.
Au nom du préfet de la région de Gbêkê, préfet du département de Bouaké, qu’il représentait, il a exprimé la reconnaissance des autorités administratives à l’État français pour son soutien au système de santé ivoirien à travers le Fonds Muskoka et l’Agence française de développement, ainsi qu’à l’UNICEF pour son accompagnement technique et financier au ministère de la Santé à travers le Programme national de santé de la mère et de l’enfant.
En marge de la cérémonie, un atelier de renforcement des capacités a réuni 30 prestataires de santé, dont dix issus de l’EPHR de Bouaké, dix du CSU de Bouaké-Nimbo et dix de l’EPHD de Niakaramandougou.
Cette formation a porté sur les modules nationaux harmonisés de formation en soins mère kangourou. Elle s’est déroulée en deux phases : une phase théorique fondée sur une approche participative par objectifs selon la méthode « apprendre pour maîtriser » et une phase pratique consacrée à des simulations sur mannequins, notamment le port du bébé en position kangourou et les techniques d’alimentation du nouveau-né.
Les participants ont également été formés aux protocoles nationaux de prise en charge des nouveau-nés prématurés et de faible poids afin d’assurer une mise en œuvre harmonisée de la méthode dans les trois établissements bénéficiaires.
(AIP)
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