Yamoussoukro, 03 août 2026 (AIP) – Les travaux d’élaboration du premier rapport national sur la fiscalité verte en Côte d’Ivoire ont été lancés lundi 3 août 2026 à Yamoussoukro, lors d’un atelier organisé par le Comité national d’évaluation des dépenses fiscales (CNEDF), avec l’appui technique de la Banque mondiale et le soutien de l’Union européenne.
L’objectif de cette rencontre est de définir le dispositif fiscal de référence en matière de fiscalité verte, de valider l’inventaire des mesures fiscales environnementales existantes ainsi que des secteurs concernés, avant de rédiger le premier rapport national sur la fiscalité verte.
Les travaux s’appuient sur le guide méthodologique élaboré en mai dernier, à l’issue d’un processus engagé après un premier atelier consacré à la délimitation du champ d’application de la fiscalité verte.
Ouvrant les travaux au nom de la directrice de cabinet du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, également présidente du Comité de pilotage du CNEDF, le directeur de la stratégie, des études et des statistiques fiscales à la Direction générale des impôts, Adiko Innocent, a souligné que « la fiscalité du XXIᵉ siècle ne peut plus être comprise sous sa seule fonction traditionnelle de mobilisation des recettes publiques ».
Face à l’urgence climatique, a-t-il poursuivi, elle « doit désormais devenir un instrument stratégique destiné à décourager les comportements préjudiciables à l’environnement et à encourager les investissements favorables à la transition écologique ».
Selon lui, l’élaboration de ce rapport marque une étape décisive dans l’engagement de la Côte d’Ivoire en faveur de la fiscalité environnementale. « Cet engagement n’est pas un effet de mode. Il répond à une exigence de souveraineté économique, mais également à une responsabilité envers les générations futures », a-t-il insisté.
Il a rappelé que le document contribuera à satisfaire certaines exigences du programme d’appui budgétaire de l’Union européenne, tout en permettant au pays de respecter ses engagements internationaux, notamment ceux découlant de l’Accord de Paris sur le climat.
Le rapport devra dresser une cartographie exhaustive des prélèvements liés à l’environnement, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports, des ressources naturelles et de la lutte contre la pollution. Il évaluera également les dépenses fiscales environnementales afin d’identifier aussi bien les dispositifs favorables à la transition écologique que les mesures susceptibles d’encourager indirectement des pratiques préjudiciables à l’environnement, conformément aux standards internationaux.
Intervenant par visioconférence, le représentant de la Banque mondiale, Yohou Herman, a salué l’engagement des autorités ivoiriennes et réaffirmé l’accompagnement de son institution.
Il a estimé que ce premier rapport national constitue « une étape importante » pour renforcer les politiques publiques en faveur de la protection de l’environnement et d’un développement durable, tout en exprimant sa confiance dans la capacité des participants à produire un document conforme aux meilleures pratiques internationales.
Les travaux, qui s’achèveront mercredi, se dérouleront en commissions et devraient déboucher sur des propositions destinées à orienter les décisions du gouvernement en matière de fiscalité environnementale.
(AIP)
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