Bongouanou, 26 août 2026 (AIP)– Le département de Bongouanou a dressé l’état des lieux de l’orpaillage illégal et formulé des recommandations en vue de renforcer la lutte contre ce phénomène, lors d’une réunion départementale de consultation tenue lundi 24 août 2026 à la préfecture, sous la présidence du préfet de région du Moronou, préfet du département de Bongouanou, Dongo Kobenan.
La rencontre a réuni le corps préfectoral, les forces de défense et de sécurité (FDS), les directeurs départementaux et régionaux des ministères concernés, notamment ceux des Mines, de l’Agriculture, de l’Hydraulique et de l’Environnement, ainsi que des représentants des différentes composantes de la société.
Organisée sur instruction du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, à travers un télégramme du 17 août 2026, cette consultation s’inscrit dans le cadre des préparatifs d’un atelier national destiné à moderniser, harmoniser et renforcer les mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire.
Dans son intervention, le préfet Dongo Kobenan a expliqué que les échanges visaient à faire l’état des lieux du phénomène, à identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et à recueillir des recommandations susceptibles d’améliorer les dispositifs existants.
Il a relevé que l’orpaillage illégal constitue une préoccupation majeure en raison de ses conséquences sécuritaires, environnementales, agricoles, économiques, sociales et sanitaires.
Sur le plan sécuritaire, le phénomène entraîne d’importants mouvements de personnes, parfois non identifiées, vers les villages, campements et zones reculées, suscitant des inquiétudes chez les populations.
Le préfet a également dénoncé la dégradation des sols, la destruction du couvert végétal et la pollution des cours d’eau, ainsi que la disparition progressive de certains points d’eau et retenues naturelles.
Sur le plan agricole, il a souligné que les terres cultivables sont détruites ou rendues impropres à l’exploitation, alors que l’agriculture demeure la principale source de revenus des populations du département.
Il a par ailleurs évoqué les risques sociaux et sanitaires liés notamment aux conflits fonciers, à la déscolarisation, à la consommation de produits illicites, à la dépravation des mœurs et à l’utilisation de substances dangereuses sur les sites.
Tout en reconnaissant la nécessité des opérations de déguerpissement, de démantèlement et de répression, Dongo Kobenan a estimé qu’elles ne suffisent pas à éradiquer durablement le phénomène.
« Lorsqu’un site est démantelé, il arrive que les orpailleurs reviennent quelques jours plus tard, parfois même dès le lendemain, en plus grand nombre », a-t-il fait observer, plaidant pour une approche globale, coordonnée, permanente et inclusive.
Il a appelé les participants à privilégier le dialogue et à formuler des propositions concrètes, les invitant à considérer la lutte contre l’orpaillage illégal comme une responsabilité partagée.
Les recommandations issues de cette consultation devraient alimenter les travaux de l’atelier national de concertation projeté par le Conseil national de sécurité.
(AIP)
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