Abidjan, 23 jan 2025 (AIP) – Suite aux violences meurtrières qui ont éclaté la semaine dernière dans une région du nord-est de la Colombie, des haut responsables de l’ONU et représentants de la société civile ont lancé, mercredi 22 janvier 2025, un appel à l’appaisement pour éviter le retour à une guerre interne qui a fait plus de 9,5 millions de victimes depuis les années 1960, en comptant les personnes déplacées.
La nouvelle vague de violence qui secoue la Colombie n’est pas sans rappeler les heures les plus sombres de l’histoire du pays, rapporte ONU Info.
« Alors que l’année dernière touchait à sa fin, les Colombiens célébraient le huitième anniversaire de l’accord de paix », a en effet rappelé le Représentant spécial pour la Colombie, Ruiz Massieu, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation dans le pays.
Après des décennies de conflit interne, l’Accord de paix final conclu en 2016 entre le gouvernement cololmbien et l’ancienne guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-EP) avait permis dans un premier temps de réduire les violences dans ce pays d’Amérique du Sud, premier producteur mondial de cocaïne.
« Malheureusement, les premiers jours de la nouvelle année ont été marqués par la violence », a déploré M. Massieu, qui est également chef de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, chargée de vérifier la mise en œuvre de l’accord.

Selon le Représentant spécial, des affrontements ont éclaté en fin de semaine dernière à Catatumbo, une région reculée du nord-est du pays, où les guérilleros guévaristes de l’Armée de libération nationale (ELN) ont attaqué un groupe armé rival implanté dans la zone, connu sous le nom d’EMBF (Estado Mayor de los Bloques y Frentes, en espagnol).
Cette attaque s’inscrit dans le cadre de violences entre plusieurs groupes armés qui se disputent le contrôle de diverses zones du pays où la présence de l’État est limitée, a-t-il précisé.
Dans une déclaration publiée mardi soir par son porte-parole, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné les violences à Catatumbo, qui ont fait des dizaines de morts parmi les civils, notamment des anciens combattants des FARC-EP signataires de l’accord et des défenseurs des droits de l’homme.
Le Secrétaire général a par ailleurs pris acte de la suspension par le Président colombien, Gustavo Petro, de tout dialogue avec l’ELN suite à cette attaque. Il s’agit de la seconde fois, au cours des cinq derniers mois, que les pourparlers de paix entre les autorités colombiennes et le groupe d’extrême gauche sont interrompus en raison de violences.
Parallèlement, le Président Petro, lui-même un ex-membre dans sa jeunesse d’une guérilla d’extrême gauche (le M-19), s’est rendu dans la zone de violence et a mobilisé les agences gouvernementales pour aider les personnes touchées et les milliers de civils déplacés par les violences.
Au cours des six derniers jours, environ 100 personnes ont été tuées dans la région de Catatumbo, a de son côté déploré le représentant de la haute partie contractante à la Commission de suivi, de promotion et de vérification de l’Accord final, Diego Tovar.
cmas

